Selon une étude récente, la campagne de lutte contre la pauvreté menée par le gouvernement a propulsée pour la première fois la Chine à son plus haut niveau dans le classement mondial de la prospérité.

Selon le Legatum Prosperity Index 2019, la Chine est le 57ème pays le plus prospère sur 167 pays et régions du monde. Elle était 60ème en 2018 et 65ème en 2009.

Le 13ème rapport annuel sur la prospérité mondiale publié par le Legatum Institute, groupe de réflexion basé à Londres, à la fin de l’année 2019 a souligné que les territoires couverts par le rapport abritent environ 99,4% de la population mondiale.

Cette année, plus de 100 000 personnes pauvres vont quitter les montagnes du Yunnan pour aller vivre dans les zones urbaines de la province. Cette démarche entre dans le cadre de la politique de lutte contre la pauvreté, dont l’objectif d’éradication se situe à la fin de l’année 2020.

Le rapport indique que les progrès réalisés par le gouvernement ont été largement dus à l’amélioration des conditions de travail des entreprises, ainsi que les conditions de vie des chinois. Cela s’ajoute à la baisse du taux de pauvreté intérieure, qui est passé de 19% en 2009 à moins de 1% l’année dernière.

L’indice a été calculé sur la base d’environ 300 variables dans 12 catégories : gouvernance, capital social, sûreté et sécurité, liberté individuelle, conditions de vie, éducation, santé, environnement naturel, environnement d’investissement, conditions d’entreprise, accès aux marchés et infrastructures et qualité économique. L’accès à l’eau potable a été récemment ajouté aux critères.

Selon le groupe de réflexion, la Chine s’est classée respectivement 21ème, 56ème et 66ème en termes de santé, d’éducation et de conditions de vie. Ces critères ont coïncidé avec la politique de lutte contre la pauvreté de la Chine connue sous le nom de sortie des «deux soucis» et d’accès à «trois titres».

Ces termes signifient que les autorités doivent veiller à ce que les personnes pauvres aient les moyens de se procurer suffisamment de nourriture et de vêtements (deux soucis) et aient accès aux soins de santé de base, à l’éducation obligatoire et à un logement sûr (trois titres) avant de retirer officiellement leur nom de la liste de la pauvreté, a précisé l’agence de presse, Xinhua.

Les mesures supplémentaires de cette campagne sont peu connues du public et « ont alimenté les inquiétudes nationales et internationales ». D’après Xinhua, « certains se demandent si le seuil de pauvreté de la Chine – déterminé il y a une décennie et toujours en vigueur – n’est pas trop faible pour la Chine aujourd’hui ».

Lors d’une récente conférence de presse à Beijing, Liu Yongfu, directeur du Bureau du Groupe directeur de lutte contre la pauvreté et pour le développement du Conseil des affaires de l’État, la principale agence de lutte contre la pauvreté de la Chine, a assuré que «le seuil de pauvreté monétaire, qui est de 2 300 yuans (324 dollars), n’est pas le seul identifiant des ruraux pauvres. Les autres identifiants incluent l’admissibilité à la politique des ‘deux soucis’ et des ‘trois titres’».

« Le seuil de pauvreté réel a dépassé les 3 000 yuans l’année dernière et dépassera les 4 000 yuans cette année », a déclaré ce dernier.

«Les chiffres internes montrent que ceux qui ont échappé à la pauvreté gagnent en moyenne plus de 9 000 yuans par an», a-t-il indiqué. Liu Yongfu a ajouté que même pour ceux qui ne se sont pas encore débarrassés de leur étiquette de pauvreté, les revenus étaient d’environ 6 000 yuans, bien au-dessus du seuil de pauvreté, grâce à la politique des «deux soucis» et des «trois titres».

Liu Yongfu a également noté que la victoire était déjà à l’horizon, étant donné que le nombre de ruraux pauvres -qui s’élevait à près de 99 millions fin 2012- est tombé à environ 5,51 millions à la fin de l’année dernière.

« La Chine respectera les normes de pauvreté actuelles et s’efforcera d’éliminer l’extrême pauvreté dans les délais », a-t-il assuré, même si l’épidémie de nouveau coronavirus a temporairement empêché les travailleurs ruraux financièrement vulnérables de retourner dans les usines et perturbé les chaînes logistiques pour les produits agricoles.