Le dialogue sur les droits humains entre la Suisse et la Chine va reprendre en 2022, après trois ans de suspension, a annoncé le ministre des Affaires étrangères Ignazio Cassis.

Le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et son homologue chinois Wang Yi ont pris cette décision à la fin du mois de novembre 2021 lors d’un entretien téléphonique.

Les responsables du dossier des droits humains des deux pays s’entretiendront en décembre 2021 pour fixer l’agenda et les points forts de cette rencontre.

La question des droits humains est un « élément central » de la Stratégie Chine approuvée en mars 2021 par le Conseil fédéral. Elle est désormais thématisée de manière conséquente à chaque rencontre bilatérale ou multilatérale.

Cependant « cette stratégie ne remplace pas le dialogue direct, l’instrument qui permet d’aller le plus à fond sur ces questions », a estimé Ignazio Cassis.

Ce dialogue se déroule depuis une trentaine d’années. Il s’agit d’un processus qui est « bien plus qu’un dialogue entre fonctionnaires », a insisté le ministre des Affaires étrangères. « Il permet des échanges entre experts de domaines précis », a souligné ce dernier. « Et comme avec de nombreux autres Etats occidentaux, il constitue un espace de discussion privilégié où les sujets les plus sensibles peuvent être abordés ».

Ce dialogue avait été suspendu en 2019 par Pékin, agacé par le ralliement de la Suisse à la déclaration adressée à l’ONU sur le Xinjiang, cosignée par plusieurs dizaines d’Etats et qui condamnait le traitement réservé aux minorités musulmane de cette région autonome de Chine.

Cependant en octobre 2021, la Suisse a retiré sa signature de cette déclaration qui est généralement renouvelée tous les ans. Ce changement de positionnement de la Suisse n’explique pas le revirement du cycle de rencontre avec la Chine.

Cependant, certains s’interrogent. Mais Ignazio Cassis a assuré que « le dialogue est relancé suite à une conversation téléphonique où il a surtout été question de tirer un bilan de 30 ans de discussion sur les droits de l’Homme ».

Le ministre des Affaires étrangères a toutefois prévenu son homologue chinois que les autres instruments de lutte en faveur des droits de l’Homme allaient conserver leur importance. « La Suisse soutient parfois certaines déclarations multilatérales, parfois elle ne le fait pas. Elle cherche le meilleur chemin pour être le plus efficace possible dans sa politique extérieure indépendante », a-t-il déclaré.