L’Assemblée nationale populaire (parlement chinois) a approuvé le 11 mars à la quasi-unanimité une réforme du système électoral à Hong Kong, qui donnera à la Chine continentale un droit de veto sur les candidats de l’opposition pro-démocratie aux élections législatives.

Un « projet de décision sur l’amélioration du système électoral »

Conseil législatif de Hong Kong, appelé Legco

Les quelque 3.000 députés de l’Assemblée nationale populaire (ANP) ont donc approuvé le « projet de décision sur l’amélioration du système électoral » à Hong Kong.

Le projet modifiera la désignation des députés du Conseil législatif (Legco, parlement hongkongais). Cette loi survient près d’un an après l’imposition par le Chine d’une loi sur la sécurité nationale, entraînant un nombre sans précédent d’arrestation de militants de l’opposition à Hong Kong.

La Chine avait imposé cette loi après les imposantes manifestations de 2019 contre l’influence de la Chine à Hong Kong. Mais la Chine n’avait pas pu empêcher la consultation locale organisée fin 2019 donnant une large victoire aux conseillers de district d’opposition.

A la suite du vote de ce 11 mars, le comité permanent de l’ANP devrait être chargé de rédiger un projet de loi, qui sera formellement approuvé par l’ANP avant d’être imposé à Hong Kong.

Le texte n’a pas été publié, mais l’agence de presse Xinhua a expliqué qu’il devrait accroître le rôle du « comité électoral » hongkongais, un organe soumis à la Chine qui désigne actuellement la moitié des députés du Conseil législatif.

Ce dispositif a permis à la Chine de s’assurer des majorités favorables au Legco depuis la rétrocession de 1997. Ce comité électoral, qui passera à 1.500 membres contre 1.200 actuellement, sera habilité à sélectionner les candidats autorisés à se présenter au volet démocratique du scrutin, selon Xinhua.

Le Legco passera de 70 à 90 membres, mais la Chine n’a pas précisé si le comité électoral pourrait désigner plus de la moitié des députés hongkongais.

Les pays occidentaux dénoncent

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A la suite de l’annonce de la réforme, Londres, Washington et Bruxelles ont mis la Chine en garde contre une nouvelle atteinte à l’autonomie de Hong Kong.

L’Union européenne a mis en garde Pékin contre l’adoption de cette réforme, se disant prête à « prendre des mesures » de rétorsion. Les Etats-Unis ont dénoncé « une attaque directe contre l’autonomie » de Hong Kong.

Ce projet est « impératif pour maintenir une stabilité durable à Hong Kong », a répliqué dimanche Wang Yi, le ministre chinois des Affaires étrangères.

Lors de la rétrocession en 1997, la Chine avait garanti à Hong Kong une certaine autonomie et des libertés inconnues en Chine continentale jusqu’en 2047. Mais le pouvoir et les médias chinois répètent qu’une réforme est nécessaire pour faire en sorte que seuls des « patriotes » puissent diriger la métropole financière.

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Le terme de patriotisme signifie « aimer l’actuelle République populaire de Chine dirigée par le Parti communiste chinois », a précisé Song Ru’an, commissaire adjoint au ministère chinois des Affaires étrangères à Hong Kong.

Carrie Lam salue la décision de la Chine continentale

« Les patriotes doivent respecter le Parti communiste chinois », a-t-il ajouté. « Nous examinerons si les candidats répondent à ces critères ». De son côté, la cheffe de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, a salué le vote des députés chinois, qu’elle a remerciés « du fond du coeur ».

Cette dernière a assuré que son administration souhaitait exprimer sa « sincère gratitude à l’adoption de la décision sur l’amélioration du système électoral ». De même, le porte-parole parlementaire, Wang Chen, a félicité la décision de la Chine en prétendant que la ville reste «fermement entre les mains des forces patriotiques et d’amour Hong Kong».

Le conseiller de Carrie Lam, Bernard Chan, député hongkongais au Parlement chinois, avait toutefois déclaré lundi à l’AFP qu’il « ne serait pas surpris de voir une grande partie de l’opposition être autorisée à revenir » sur les bancs du Legco.

« Si on n’encourage pas ouvertement le séparatisme, alors on remplit les conditions requises » pour être élu, a-t-il assuré. Cependant, les personnes pro-démocratiques ont déclaré craindre que les changements mettent fin aux élections démocratiques à Hong Kong, permettent à la Chine d’« exercer un contrôle très serré ».