samedi, février 3

La Chine, l’ennemie de Donald Trump

A l’instar d’Hillary Clinton, Donald Trump n’est pas un grand fan de l’Empire du milieu, avec qui pourtant les États-Unis ont un volume d’échange commercial de 441,56 milliards de dollars, soit 388,57 milliards d’euros. Pour le candidat républicain à la présidentielle américaine, le problème se situe sur le montant du déficit commercial entre la Chine et les États-Unis, la hausse du chômage et le flux massif d’importations chinoises.

La Chine représente actuellement 15,5% de tout le commerce extérieur des États-Unis, et les exportations des États-Unis vers la Chine sont inférieures aux importations chinoises aux USA : 84 milliards de dollars contre 357,5 milliards de dollars.

Donald Trump (Wikimedia)
Donald Trump (Wikimedia)

Il apparaît évident pour Donald Trump que la Chine maintient un taux de change du yuan à un niveau artificiellement bas, pour permettre à ces entreprises d’envahir le marché américain avec leurs produits.

D’ailleurs, le républicain n’a jamais hésité à faire connaître son mécontentement face au déficit commercial entre les deux pays, qui a atteint en 2015, 365,7 milliards de dollars US (321,8 milliards d’euros), en raison de cette faiblesse du taux de change entre le dollar américain et le yuan chinois.

Des critiques acerbes

Depuis cinq ans, à peu près, le milliardaire émet des critiques virulentes contre l’un de ses principaux partenaires économiques, qu’il accuse de « violer » l’Amérique. En 2011,  il avait déclaré sur CNN : « Nous ne pouvons pas continuer à laisser la Chine violer notre pays. Et c’est ce qu’ils sont en train de faire« .

Il récidive en août 2015, en assurant que les chinois « nous détruisent, tout simplement. Ils continueront à dévaluer leur devise tant qu’il le faudra. Ils cherchent à faire chuter le yuan et cela va être dévastateur pour nous« , dans une interview à la chaîne CNN.

Récemment, le 3 avril 2016, lors d’un discours dans l’État de l’Indiana, le magnat de l’immobilier a promit une guerre économique contre la Chine. Ainsi si « il n’arrive pas à renégocier les accords commerciaux avec la Chine, et bien, il n’hésitera pas à taxer à hauteur de 45% les exportations chinoises à destination des États-Unis », a expliqué le journaliste de France 2, Jacques Cardoze.

Balance commerciale entre la Chine et les Etats-Unis
Balance commerciale entre la Chine et les États-Unis

Cette taxe surprend pour un fervent partisan du libre-échange, mais il avance que les pratiques commerciales injustes de la Chine obligent les États-Unis à exercer des représailles.

« Le discours anti-chinois de Donald Trump est bien connu, mais aujourd’hui on a connu un nouvel épisode. Il a expliqué aux cols bleus, aux ouvriers de l’Indiana, que leur perte de pouvoir d’achat était due à la Chine et à la politique de dévaluation de ce pays« , a expliqué Jacques Cardoze.

Donald Trump plaît aux américains et aux chinois

Cette ligne anti-chinois a valu à Donald Trump le soutien d’une frange des États-Unis frappée par la désindustrialisation, ce qui a fait, en partie, d’ailleurs le succès de sa candidature à l’investiture républicaine.

 En effet, ses accusation contre la Chine concerne surtout le domaine économique. Pour lui, Beijing contribue « à faire disparaître des millions d’emplois productifs sur le sol américain« , de manipuler le cours du yuan pour « affaiblir la base industrielle des États-Unis » et de construire « une Grande muraille protectionniste qui empêche les entreprises américaines de pénétrer le marché chinois », plaît à une large frange des États-Unis.

Une Amérique, où les usines ont fermé leurs portes, le secteur industriel a disparu, le chômage est en hausse constante, les salaires chutent, en raison de la hausse des importations chinoises.

En dépit de ces attaques répétées, Donald Trump séduit  dans le pays de Mao. Les chinois sont fascinés par les personnages riches et extravagants, comme dans The Apprentice, série populaire où Donald Trump met à pied ses stagiaires. Du côté des officiels, le ton est différent. Irrité par Hillary Clinton, les dirigeants chinois donnent eux peu de crédibilité à Donald Trump.

Le ministre chinois des Finances, Lou Jiwei, a estimé que Donald Trump était un homme « du type irrationnel« , et que les Etats-Unis « ne mériteraient pas d’être les leaders du monde« , si les politiques commerciales proposé par le candidat républicain étaient suivies. Lou Jiwei a critiqué la taxation annoncée de 45% des produis chinois. Le ministre a expliqué qu’une telle imposition serait contraire aux règles de l’Organisation mondiale du commerce.

 

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