La Chine possède trois porte-avions, mais la marine chinoise n’a pas assez de pilotes pour rendre efficaces ces navires imposants.  

Selon le magazine militaire chinois, Ordnance Industry Science Technology, relayé par le site Wion, la Chine ne parvient pas à former assez d’officiers aux manœuvres nécessaires aux pilotes œuvrant depuis des porte-avions.

La Chine a pourtant accéléré les programmes de formation des pilotes d’avion de chasse basés sur des porte-aéronefs au cours de la décennie, notamment après la mise en service de son premier porte-avions, le Liaoning, en 2012.

Cependant, la hausse du nombre d’officiers qualifiés ne suffit actuellement pas pour fournir assez de pilotes à la flotte chinoise. Ce manque est d’importance, car le porte-avion Fujian, le troisième et le plus avancé des navires de cette catégorie, n’a pas encore à son bord les 200 pilotes qualifiés nécessaires pour mener à bien ses missions.

Cette situation s’explique par le changement de technologie entre les différents porte-avions chinois. Le Fujian est équipé de catapultes électromagnétiques avancées, alors que les deux premiers porte-aéronefs chinois étaient dotés d’un système de rampe.

Les pilotes doivent être de nouveaux formés pour maîtriser les nouvelles manœuvres de décollage et d’atterrissage. « Les défis sont nombreux, car la conception des avions et la formation des pilotes font partie des technologies de base les plus difficiles et les plus compliquées au monde – que personne ne partagera avec vous », a déclaré un expert à Wion.

Autre problème, l’avion d’entraînement – le JL-9G – utilisé par les officiers chinois serait trop léger et trop lent comparé au modèle d’avion de chasse utilisé par la marine de Pékin. Les militaires ne parviennent pas à utiliser cet appareil en raison de son faible poids.

De fait, les entraînements ne sont pas productifs, notamment lors de simulations d’atterrissages d’urgence sur un porte-avion par exemple. En raison de ces défauts, les apprentis pilotes sont obligés de se former sur un faux porte-avions construit sur terre.

« Il y a encore un long chemin à parcourir pour que les pilotes chinois opérant sur des porte-avions rattrapent leurs rivaux américains », a souligné au South China Morning Post, Zhou Chenming, un chercheur du think tank militaire Yuan Wang.

Selon lui, « les pilotes chinois du Fujian pourraient avoir besoin d’une autre décennie pour atteindre l’exigence de base de la préparation au combat en opération conjointe, et il y a encore un grand écart pour que la Chine rattrape les États-Unis, qui ont un siècle d’expérience avec les porte-avions ».