Le président américain Joe Biden s’est dit le 8 août préoccupé par la poursuite des exercices militaires chinois près de Taïwan mais a affirmé ne pas s’attendre à une escalade.

«Je ne suis pas inquiet mais je suis préoccupé par le fait qu’ils s’agitent autant. Je ne crois pas qu’ils fassent davantage que ce qu’ils sont en train de faire», a-t-il déclaré à des journalistes.

L’armée chinoise avait lancé de vastes manœuvres autour de Taïwan au lendemain du départ de Taïpei de Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants américains, le 3 août.

Lire aussi : La Chine poursuit ses exercices militaires près de Taïwan

Cette visite a suscité la colère de Pékin. Bien que des responsables américains se rendent fréquemment à Taïwan, Pékin considère que la voyage de Nancy Pelosi, l’un des plus hauts personnages de l’Etat américain, serait une provocation majeure.

Lire aussi : La visite de Nancy Pelosi vivement critiquée par Wang Yi

Ces exercices avaient pour but de s’entraîner à un «blocus» de Taiwan, selon les médias officiels chinois. Mais des manœuvres se sont poursuivies au-delà du 7 août midi, comme prévu.

La Chine a aussi suspendu en représailles une série de discussions et de coopérations sino-américaines, notamment sur le changement climatique. Opposé à toute initiative d’indépendance de Taiwan, la Chine dénonce tout contact officiel entre Taïwan et d’autres pays.

Lire aussi : La Chine a prit des contre-mesures » résolues, fortes et efficaces »

Lors d’un entretien téléphonique, fin juillet, le président chinois Xi Jinping a averti son homologue américain de ne « pas jouer avec le feu » à propos de Taïwan.

« Ceux qui jouent avec le feu finissent pas se brûler », a prévenu le président chinois, alors que Pékin menace depuis plusieurs jours de « conséquences » si la cheffe des députés américains Nancy Pelosi mène à bien son projet de visite à Taïwan.

« J’espère que la partie américaine comprend parfaitement cela », a ajouté Xi Jinping, cité par l’agence Chine nouvelle. Selon cette agence d’Etat, « les deux présidents ont estimé que leur entretien téléphonique avait été sincère et approfondi ».

Les déclarations contradictoires de Joe Biden sur Taïwan n’ont pas aidé. Il a assuré en mai que les Etats-Unis défendraient l’île, avant que la Maison Blanche n’insiste sur le fait que la politique d' »ambiguïté stratégique » n’avait pas changé.