La Chine a été tenue à l’écart du « Sommet pour la démocratie » organisé par les États-Unis et visant à rapprocher les démocraties occidentales face aux régimes autoritaires.

Un porte-parole de la diplomatie chinoise a déclaré que « depuis de longues années, les États-Unis ont imposé aux autres leurs système politique et valeurs, vanté la ‘transformation démocratique’, recouru abusivement aux sanctions unilatérales et incité aux ‘révolutions de couleur’. Tout cela a provoqué des conséquences désastreuses. La « démocratie » est devenue une ‘arme de destruction massive’ utilisée par les États-Unis pour s’ingérer dans les affaires des autres pays ».

Outre cette accusation, le porte-parole a indiqué que « les États-Unis créent le clivage idéologique, utilisent la démocratie comme un instrument et une arme, pratiquent l’anti-démocratie sous le couvert de la démocratie, incitent à la division et à la confrontation, détournent l’attention de leurs problèmes intérieurs, préservent leur hégémonie dans le monde et sapent le système international centré sur les Nations Unies et l’ordre international fondé sur le droit international. Ces actes vont à contre-courant de l’histoire et sont largement rejetés par la communauté internationale. »

Selon lui, « la démocratie à l’américaine d’aujourd’hui présente tous les symptômes de dysfonctionnement : politique de l’argent, politique identitaire, opposition des partis politiques, polarisation politique, déchirement social, tensions raciales, écart entre riches et pauvres… Ces problèmes s’aggravent de jour en jour ».

La Chine a été laissée à l’écart de ce sommet virtuel de deux jours, ainsi que d’autres pays comme la Russie et la Hongrie, et a accusé le président américain d’attiser les divisions idéologiques héritées de la guerre froide.

D’autant plus que Taïwan est considéré comme un pays démocratique, car l’île figure sur la liste des invités. La participation de Nathan Law, jeune leader du mouvement démocrate de Hong Kong a également irrité Pékin.

Les tensions entre la Chine et les Etats-Unis se sont aggravées ces dernières années, sur fond de compétition commerciale et technologique, de droits humains et autour de la question du Xinjiang et de Taïwan.

Malgré ces sujets de contrariété, la Chine a remporté une victoire lors du sommet de Joe Biden, avec la décision du Nicaragua de rompre son alliance diplomatique avec Taïwan au profit d’une reconnaissance de la Chine.

En amont de ce sommet, Pékin a loué son propre modèle démocratique, celui d’une «démocratie populaire intégrale». Le communiqué du ministère chinois a précisé que « la démocratie de la Chine est celle du peuple dont la nature et l’essentiel consistent à assurer que le peuple est maître du pays. La démocratie du peuple dans tout le processus sous la conduite du Parti communiste chinois associe la démocratie électorale et la démocratie consultative, combine élections démocratiques, consultations démocratiques, prises de décision démocratiques, gestion démocratique et supervision démocratique, et couvre les domaines économique, politique, culturel, social et de la civilisation écologique, de sorte que la volonté du peuple est reflétée et sa voix est entendue dans tous les maillons et aspects de la vie politique et sociale du pays ».