La Chine est sur le point de signaler son premier déclin démographique depuis le « Grand bond en avant » de Mao Zedong à la fin des années 1950, selon le journal britannique, Financial Times.

La baisse actuelle de la population survient malgré l’assouplissement des politiques strictes de planification familiale, qui visaient à inverser la baisse du taux de natalité du pays le plus peuplé du monde.

Le dernier recensement chinois, qui a été achevé en décembre mais n’a pas encore été rendu public, devrait rapporter la population totale du pays à moins de 1,4 milliard, selon des personnes proches de la recherche, a rapporté le FT. En 2019, la population chinoise aurait dépassé la barre des 1,4 milliard.

Une baisse de la population pourrait avoir un impact considérable sur la plus grande économie d’Asie, affectant tout, de la consommation aux soins aux personnes âgées.

«Le rythme et l’ampleur de la crise démographique en Chine sont plus rapides et plus importants que nous ne l’avions imaginé», a déclaré Huang Wenzheng, membre du Center for China and Globalization, un groupe de réflexion basé à Pékin. «Cela pourrait avoir un impact désastreux sur le pays.»

Aujourd’hui les couples en Chine peuvent avoir deux enfants, mais c’est encore insuffisant, selon Dong Yusheng, le directeur d’un institut d’études démographiques de l’Académie du développement de la population du Guangdong cité par l’agence Reuters. Ce dernier prône la fin du contrôle des naissances pour empêcher un vieillissement accéléré de la Chine.

Les chiffres de 2019 ont montré une chute de 15% de la natalité en 2019. Face au coût de l’éducation et au coût de la vie dans les grandes villes de Chine, de plus en plus de couples ne se pressent pas pour avoir un premier un deuxième enfant. Dans les campagnes, les autorités incitent les couples à avoir un deuxième enfant en vain. L’évolution de la vie quotidienne impose des coûts de plus en plus élevés dans les zones rurales.

A cette situation s’ajoute les changements de mentalité et de l’émancipation d’une partie des jeunes urbaines, et notamment des femmes.

De plus, le nombre des divorces augmente et les chinoises veulent se détacher des pressions familiales et sociales, et notamment des consignes du gouvernement chinois qui ces dernières années a mit l’accent sur le rôle des femmes au foyer – éducation des enfants et soins aux anciens notamment.

D’ailleurs, le nombre de bébés nés à Beijing a chuté de 24% entre 2020 et 2010. Cette situation préoccupent les démographes et politiques chinois, qui voient la croissance de la population s’inverser.

Il y avait 100 368 nouveau-nés à Beijing en 2020, selon le Centre d’information de la Commission de la Santé municipale de Beijing. Les statistiques ne prennent en compte que les résidents permanents, ou ceux avec ou sans «enregistrement des ménages ou Hukou» à Beijing et qui vivent dans la ville pendant plus d’une demi-année.

Il y avait 97 649 morts dans la ville cette année-là, l’écart le plus étroit entre les naissances et les décès depuis 2007, a été ajouté.

Le taux de natalité à Beijing s’était réduit à 0,812% à la fin de l’année 2019, soit le niveau le plus bas depuis 2016, selon le bulletin statistique de Beijing sur le développement économique et social national.

Le taux de fécondité de la Chine a chuté à 1,49 l’année dernière, en dessous de la ligne d’alerte mondiale de 1,5, selon le Bureau national des statistiques. Le taux de natalité a chuté depuis cinq ans et en 2020, 10 millions de nouveau-nés enregistrés étaient de 10 millions. En 2019, il y avait 14,65 millions de naissances et un taux de natalité de 1,048.

Dans un tel contexte, le gouvernement envisage déjà de supprimer des restrictions de naissance dans les trois provinces du nord-est de Heilongjiang, Jilin et Liaoning, via un programme pilote visant à renforcer le taux de natalité de la diminution de la Chine.