jeudi, mai 23

La Chine se relance doucement sur le Marché de l’Art

Communiqué Artmarket.com – Apparue sur le devant de la scène internationale en 2010 avec un produit des ventes aux enchères dépassant tout à coup les 3 Mrd$, la place de marché chinoise s’est graduellement organisée autour de Pékin, Shanghai, Guangzhou, mais aussi toujours plus autour de Hong Kong.

Depuis la crise sanitaire liée au Covid-19, celle-ci est d’ailleurs devenue la première plaque tournante de la région. Cette année cependant, pour la première fois depuis dix ans, Hong Kong fait face à une légère contraction. Tandis que la Chine continentale retrouve doucement le chemin de la croissance.

« Notre entreprise s’est engagée depuis dix ans dans un partenariat privilégié avec le groupe chinois Artron », précise thierry Ehrmann, Président d’Artmarket.com et Fondateur d’Artprice. « Cette longue collaboration nous a permis d’analyser dans nos rapports conjoints la stabilisation du Marché de l’Art en Chine. Aujourd’hui elle donne à voir une nouvelle réorganisation de ce marché ».

Deux œuvres supérieures à 30 m$

La maison de ventes Yongle enregistre la plus belle enchère de ce début d’année en Chine. Une encre sur papier de l’artiste Cui Ruzhuo, Rafting In Wind And Rain (2019), réalise la meilleure vente sur le continent depuis plus de cinq ans : 33,1 m$, le 24 février 2023 à Pékin. Ça n’est pourtant que le 18ème meilleur résultat de l’histoire des enchères en Chine continentale, bien loin des 140 m$ atteints en 2017 par les 12 dessins qui constituent l’œuvre Screens of landscapes (1925) de Qi Baishi.

A Hong Kong, une encre sur papier rehaussée d’or signée Zhang Daqian, Pink Lotuses on Gold Screen (1973), a été acquise pour 32,1 m$ chez Sotheby’s, le 5 avril 2023. L’île maintient encore et toujours les échanges entre l’Est et l’Ouest, enregistrant des enchères à plusieurs millions de dollars aussi bien pour Yoshitomo Nara et Yayoi Kusama, que pour Pablo Picasso et Jean -Michel Basquiat. En ce début d’année, des toiles de Miro, Magritte, Zao Wou-ki et Chagall se sont naturellement mélangées aux sculptures de Jeff Koons et aux œuvres ultra-contemporaines de Matthew Wong, Nicolas Party ou Avery Singer dans les plus beaux catalogues hongkongais.

Au total, Artprice recense près de 16 000 lots Fine Art passés en ventes aux enchères dans toute la Chine entre le 1er janvier 2023 et le 30 juin 2023. Hong Kong conserve la plus haute moyenne de prix au monde avec 2 600 œuvres adjugées pour 595 m$ (frais acheteurs inclus). Mais la Chine continentale n’est pas en reste, avec plus de 10 000 lots vendus à un prix moyen de 78 000 $.

+180 % de croissance en Chine continentale

Alors que le Marché de l’Art connaît une phase de ralentissement sensible dans à peu près tout l’Occident, la Chine continentale termine le premier semestre 2023 de manière particulièrement positive. Sans renouer encore avec les performances d’il y a dix ans, la Chine enregistre un chiffre d’affaires presque trois fois plus conséquent qu’au S1 2022, lequel avait été clairement enrayé par de nouvelles restrictions sanitaires. Le second semestre doit toutefois confirmer qu’il ne s’agit pas simplement d’un réarrangement dans l’agenda des grandes sessions, qui auraient été avancées par rapport à l’année dernière.

Les performances des maisons de ventes chinoises China Guardian, Poly, Yongle, Rombon et Xiling sont redevenues d’autant plus importantes que les maisons anglo-saxonnes n’organisent plus de session en Chine continentale pour le moment. Celles-ci se concentrent en effet sur Hong Kong, afin de stabiliser un chiffre d’affaires qui a fortement augmenté tout au long des 20 dernières années.

Sans doute le Marché de l’Art international est-il impatient de voir ressortir quelques œuvres phares des superstars de l’art contemporain chinois. Des résultats millionnaires ont certes été enregistrés en ce début d’année pour des artistes tels que Chen Yifei, Liu Ye et Zhou Chunya, et la toile de Zeng Fanzhi Mask 2000 No. 3 (2000) a été vendue 3,1 m$ par Bonhams à Hong Kong. Ce résultat se montre tout à fait cohérent à ceux enregistrés il y a dix ans pour la même série. Néanmoins les œuvres de ces grands noms de la nouvelle peinture chinoise circulent de façon beaucoup moins intense et leurs chefs-d’œuvre se montrent discrets en salles de ventes depuis trois ans.

illustration : La ville de Gao’an met en avant l’art traditionnel chinois de la porcelaine bleue et blanche

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