L’industrie locale de médicament en Chine a décidé de se lancer dans la qualité et l’innovation, afin de rompre avec sa dépendance à la sous-traitance et aux génériques.

Le marché pharmaceutique local est estimé à 106 milliards d’euros en 2017. La Chine devient ainsi le deuxième marché mondial du médicament derrière les Etats-Unis, avec une croissance de 6% à 10% par an attendue d’ici 2022, selon le cabinet d’études Iqvia.

Même si l’américain Pfizer, le britannique AstraZeneca, le français Sanofi ou encore l’allemand Bayer sont en tête du marché des médicaments, leurs part de marché reste faible avec 20% en volume et 25% en valeur.

A contrario, le gros du marché chinois est entre les mains de groupes locaux, tels que Yangzijiang, Jiangsu Hengrui, Qilu… Certaines entreprises ont l’ambition de s’intégrer au marché mondial, comme Fosun Pharma. La compagnie a pris le contrôle en 2017 du groupe indien de génériques Gland Pharma pour plus d’un milliard de dollars. L’objectif est d’entrer sur les marchés d’’Asie du Sud-Est et d’Afrique.

«Le secteur pharmaceutique est un secteur d’investissement clé pour la Chine (…). Et la vitesse à laquelle les firmes locales s’améliorent est assez impressionnante», a indiqué à l’Agence France Presse, Tony Ren, analyste chez Kim Eng Securities à Hong Kong.

Le gouvernement souhaite rattraper d’ici 2030 les niveaux de santé publique des pays développés, en améliorant la qualité des médicaments «made in Chine», pour renforcer la protection des brevets ou accélérer la mise sur le marché de nouveaux médicaments.

Les autorités «font tout leur possible pour favoriser une industrie biopharmaceutique innovante» locale, a assuré Christian Hogg, directeur général de Chi-Med, une biotech de Shanghai cotée au Nasdaq.

Cette dernière a souligné que le quartier de Pudong à Shanghai est «l’épicentre des biotechnologies en Chine» et qu’il devrait devenir un pôle mondial du secteur. A cela s’ajoute, les milliers de chercheurs chinois installés et formés à l’étranger, qui sont rentrés au pays ces dernières années.

Attirés par les nouvelles opportunités en Chine et les dispositifs incitatifs du gouvernement, 400 scientifiques de Chi-Med à Pudong, sont chinois pour plus d’une cinquantaine d’entre eux, et «aident à former nos talents locaux», a souligné Christian Hogg.

Le système de santé encore à la traîne