La Chine a supprimé le 1er septembre, les droits de douane sur 98% des produits importés de 16 pays parmi les moins avancés, dont neuf d’Afrique.

Cette nouvelle politique tarifaire intervient alors que Pékin sécurise ses importations de produits agricoles, de minerais et d’hydrocarbures, en raison des perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Les nouveaux tarifs couvrent les importations en provenance de la République centrafricaine, du Tchad, de Djibouti, de l’Erythrée, de la Guinée, du Mozambique, du Rwanda, du Soudan et du Togo, ainsi que de sept autres pays situés en Asie et dans la région du Pacifique Sud.

Cette modification tarifaire fait suite à l’annonce par le président chinois Xi Jinping, lors de la 8e conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC 8) tenue à Dakar en novembre 2021, de la volonté de la Chine d’augmenter ses importations de produits agricoles en provenance d’Afrique.

Le président chinois avait alors indiqué que l’objectif était de porter les importantes chinoises en provenance du continent africain à 100 milliards de dollars par an à partir de 2022, puis à 300 milliards de dollars par an à l’horizon 2035.

Selon des données publiées mi-août par l’administration générale de la douane chinoise, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont atteint 137,4 milliards de dollars au premier semestre 2022, en hausse de 16,6% par rapport à la même période de 2021.

Entre le 1er janvier et le 30 juin de l’année en cours, les importations chinoises en provenance d’Afrique ont augmenté de 19,1 % en glissement annuel pour s’établir à 60,6 milliards de dollars. Durant la même période, les exportations de la Chine vers le continent africain se sont quant à elles chiffrées à 76,8 milliards de dollars. Ce qui représente une hausse de 14,7% sur un an.

La plupart des exportations chinoises vers l’Afrique sont des produits finis (textile, machines, électronique, etc.) tandis que les exportations africaines vers l’empire du Milieu sont dominées par les matières premières et les produits non transformés, d’où un excédent commercial en faveur de la Chine.

En 2021, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique avaient enregistré une hausse de 35,3 % en glissement annuel pour s’établir à 254,3 milliards de dollars.

De plus, le Fonds de développement Chine-Afrique, fonds d’investissement en actions géré par la Banque de développement de Chine, a investi plus de 5 milliards de dollars dans les pays africains.

Couvrant les infrastructures, l’agriculture, les moyens de subsistance des populations, la coopération en matière de capacités, les parcs industriels et d’autres domaines, ces investissements ont contribué à stimuler les économies locales, l’emploi et les recettes fiscales en Afrique.

Grâce à ces investissements importants et diversifiés, le fonds a joué un rôle exemplaire dans la promotion de la construction conjointe de la Ceinture et la Route entre la Chine et les pays africains, selon le communiqué de l’institution.

Le fonds a été créé pour soutenir les entreprises chinoises en Afrique en 2007, à la suite du sommet de Beijing du Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA) en 2006, avec une enveloppe initiale de 5 milliards de dollars.

Jusqu’à présent, le fonds a décidé d’investir plus de 6,6 milliards de dollars dans des projets dans 39 pays africains et a suscité plus de 31 milliards de dollars d’investissements de la part des entreprises chinoises.