Une délégation américaine non officielle mandatée par le président Joe Biden, arrivée le 14 avril à Taïwan, a été accueilli par la dirigeante Tsai Ing-wen.  

L’ancien sénateur Chris Dodd et d’anciens numéros deux du département d’Etat américain, Richard Armitage et James Steinberg, sont arrivés à Taiwan, alors que la Chine considère l’île comme une de ses régions.

Pour un représentant des Etats-Unis, cette visite est un « signal personnel » de l’engagement du président américain à l’égard de Taïwan.

La Chine a dans la foulée intensifié une série de manœuvres militaires qu’elles ont qualifiées « d’exercices de combat », pour manifester leur mécontentement.

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«L’organisation par l’Armée populaire de libération d’exercices de combat dans le détroit de Taïwan est une mesure justifiée par la situation sécuritaire dans le détroit de Taïwan et par la nécessité de préserver la souveraineté nationale», a déclaré Ma Xiaoguang, porte-parole du bureau chinois aux Affaires taïwanaises.

«Il s’agit d’une réponse solennelle aux interférences de forces extérieures et aux provocations des forces indépendantistes taïwanaises», a-t-il déclaré.

De son côté, un représentant de l’administration Biden a déclaré que ce déplacement d’une délégation « non officielle » coïncidait avec le 42e anniversaire d’une loi établissant les relations entre les Etats-Unis et Taïwan, dont le communiqué a été soutenu par Joe Biden, lorsqu’il était au Sénat.

Ce représentant a indiqué que la délégation rencontrerait des représentants taïwanais, pour s’inscrire dans une « tradition bipartite de longue date voulant que les administrations américaines envoient des délégations de haut niveau et non officielles à Taïwan ».

A Taïpei, la dirigeante de Taiwan, Tsai Ing-wen, a assuré aux émissaires américains que «Taiwan collaborera avec les Etats-Unis pour déjouer les menaces que représentent les activités militaires chinoises».

Tsai Ing-wen a déclaré à la délégation américaine, lors d’une réunion, que les activités militaires chinoises dans la région menaçaient la paix et la stabilité régionales.

«Nous sommes tout à fait disposés à travailler avec les pays de même sensibilité, y compris les États-Unis, pour sauvegarder la paix et la stabilité dans la zone Indo-pacifique et écarter les manœuvres aventureuses et les provocations», a-t-elle ajouté.

Cette dernière a aussi promis de continuer à coopérer avec les États-Unis pour combattre la désinformation. De son côté, Chris Dodd a assuré que l’administration Biden serait «un ami fiable et digne de confiance» de Taïwan, ajoutant que le partenariat des États-Unis avec Taïwan était «plus fort que jamais».

Tsai Ing-wen a également déclaré à la délégation que Taïwan espérait reprendre les négociations commerciales avec les États-Unis au plus vite. Taiwan souhaite conclure un accord de libre-échange avec Washington depuis de nombreuses années.

Taïwan est la question territoriale la plus sensible de la Chine et une source de discorde majeure avec Washington, qui est tenu par la loi américaine de fournir à l’île les moyens de se défendre.

La Chine a averti que la rencontre des responsables américains avec Tsai Ing-wen «ne ferait qu’exacerber la situation tendue dans le détroit de Taïwan».

Quelques heures avant la venue de la délégation, Zhao Lijian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a demandé aux Etats-Unis «de respecter strictement le principe d’une seule Chine et les trois communiqués conjoints sino-américains, de cesser immédiatement toute forme de contacts officiels entre les Etats-Unis et Taiwan, de gérer prudemment les questions liées à Taiwan et de s’abstenir d’envoyer des signaux erronés aux forces séparatistes de ‘l’indépendance de Taiwan’, afin d’éviter de nuire davantage aux relations sino-américaines ainsi qu’à la paix et à la stabilité à travers le détroit de Taiwan».