Le magnat de la presse à Hong Kong, Jimmy Lai, a été condamné le 15 avril à de l’emprisonnement pour son rôle dans l’organisation en 2019 de deux grandes manifestations en faveur de la démocratie.

Jimmy Lai

Jimmy Lai devrait purger 14 mois de détention. Cet homme de 73 ans avait d’abord été condamné vendredi à 12 mois de prison pour avoir organisé un rassemblement à Hong Kong, puis à 8 mois supplémentaires pour sa participation à une autre manifestation. Mais, une partie des peines seront effectuées simultanément, il ne fera que 14 mois de détention.

Jimmy Lai faisait partie des neuf personnalités de l’opposition à Hong Kong reconnues coupables d’avoir organisé et participé à ce rassemblement. Selon les organisateurs, cette manifestation avait réuni 1,7 million de personnes, soit près d’un hongkongais sur quatre.

Cette condamnation est la première pour un patron de presse. Actuellement en détention provisoire pour avoir enfreint la loi sur la sécurité nationale adoptée par la Chine, Jimmy Lai est condamnée pour avoir participé et organiser des manifestations pro-démocratie.

Jimmy Lai a été condamné à 12 mois de prison, tandis que quatre autres militants ont été condamnés à des peines allant de 8 à 18 mois, bien que les faits fussent passibles d’une peine de cinq ans d’emprisonnement.

La plupart de ces vétérans de l’opposition à Hong Kong sont des apôtres de la non-violence, ayant passé plusieurs décennies à se mobiliser en vain pour l’instauration d’un véritable suffrage universel.

Parmi les autres prévenus, figuraient l’ex-députée de l’opposition et avocate Margaret Ng, 73 ans, et l’avocat Martin Lee, 82 ans, qui, avant la rétrocession en 1997 avait été choisi par la Chine pour rédiger la Loi fondamentale, sorte de mini-constitution à Hong Kong.

À 82 ans, Martin Lee était le plus âgé des accusés. Souvent qualifié de «père de la démocratie» à Hong Kong, il est également le plus ancien avocat de la ville.

Le tribunal était rempli de leurs proches, amis, et partisans. Avant le début de l’audience, certains membres de l’auditoire se sont levés, ont salué les accusés et leur ont donné un pouce en l’air.

Martin Lee et Margaret Ng ont été condamnées à des peines de prison assorties d’un sursis. Parmi les autres militants figuraient des membres du parti travailliste ou du Front civil des droits de l’Homme (CHRF), coalition qui avait organisé les plus grandes manifestations en 2019.

Des sympathisants, des journalistes et des diplomates – représentant l’Union européenne, les États-Unis, le Canada, la Suède, l’Australie, l’Allemagne et la France – ont assisté à l’audience de Jimmy Lai.

Ce dernier est en détention provisoire, en raison de poursuites distinctes au nom de la loi sur la sécurité nationale instaurée depuis le 1er juillet 2020 à Hong Kong.

Lors de l’audience, Margaret Ng, avocate qui a été législatrice représentant la profession juridique pendant près de deux décennies, a adapté une citation de Thomas More qui a été dite par le roi Henri VIII, elle a dit: « Je suis le bon serviteur de la loi mais le peuple d’abord. Car la loi doit servir le peuple, pas le peuple la loi. »

Lors de l’acte du jugement, le juge a déclaré: «Les actions ont des conséquences pour tout le monde, indépendamment de qui elles sont». Ce dernier faisait référence aux manifestations de 2019 qui ont régulièrement dégénéré en affrontements avec la police anti-émeute. En réponse à ce mouvement, la Chine  a imposé à Hong Kong une loi draconienne sur la sécurité nationale et une vaste campagne de répression à l’encontre de la dissidence. Le pouvoir chinois a également adopté une réforme radicale du système électoral de Hong Kong, qui marginalisera totalement l’opposition.