promulgué une loi contre les violences domestiques. En 2010, un projet de loi a été inscrit à l’ordre du jour du gouvernement central et la loi nationale est finalement entrée en vigueur en mars 2016», a expliqué Lu Pin, militante féministe sur Amnesty International.

Les violences conjugales désormais condamnées

Considérée comme une immense victoire, de nombreuses militantes ne se sont pas réellement réjouies de cette loi, car  «de par l’expérience acquise en défendant ce texte, nous savions quelles difficultés nous attendaient. La vraie bataille – la bataille pour son application – ne faisait que commencer».

Prenons l’exemple des droits de garde. La Canadienne Shirley Dai a obtenu le divorce demandé pour violences conjugales contre son époux Liu Jie, célèbre coordinateur de cascades. Cependant, elle a perdu la garde de son enfant. Pour pouvoir récupérer son enfant, elle a acté qu’un mari violent ne peut pas obtenir la garde exclusive, mais les tribunaux ont donné gain de cause à son ex-époux. À ce moment-là, Shirley Dai n’avait pas vu son enfant depuis deux ans.

«Les tribunaux sont censés prendre en compte l’intérêt supérieur de l’enfant lorsqu’ils statuent sur les droits de garde, mais aucune ligne directrice claire ne permet de déterminer si et dans quelle mesure des violences domestiques perpétrées contre un membre de la famille peuvent peser sur cette décision», a déploré Lu Pin.

En outre, les parents qui refusent que les enfants voient l’autre parent, ou les privent de leurs droits de visite, n’ont pas de comptes à rendre à la justice. Shirley Dai a lancé la campagne du «ruban violet» avec 9 autres femmes dans son cas sur cette question de la garde et continue de se battre pour les droits de garde et de visite.

Focus. Loi sur la violence domestique, quel bilan 2 ans après ?