En novembre 2017, l’organisation de défense des droits des femmes Equality a publié un rapport de progression (en) pointant une grave lacune de la loi : l’absence de soutien aux victimes qui fuient la violence au sein de leur foyer.

Selon ce rapport, 149 personnes seulement ont été accueillies en 2016 dans les quelque 2 000 centres pour les victimes de violence domestique. Pour l’activiste Lu Pin, ce chiffre montre l’inadaptation des structures vis-à-vis des victimes. Cette dernière a expliqué sur Amnesty International que «les critères régissant l’admission sont très stricts, les règlements sévères et les services inadaptés» aux besoins des femmes.

Cette dernière déplore le traitement des problèmes par les médias sans pour autant que la situation ne s’améliore. De plus, le financement des ONG de défense des droits des femmes «est difficile à assurer, car elles se heurtent à des obstacles toujours plus nombreux pour se faire enregistrer officiellement et obtenir des fonds».

A cela s’ajoute les difficultés de gagner un procès dans les affaires de violence domestique. D’après le rapport d’Equality, 10 mois après la promulgation de la loi, sur les 142 cas de divorce demandés pour violences dans la ville de Jinan, seules 14 plaignantes ont pu avoir gain de cause.

Ces 14 femmes ont pu avoir une issue favorable à leur procès,  car l’accusé a reconnu les violences envers la victime. Dans les autres affaires, l’accusé a nié les allégations de violence domestique et les juges ont estimé que les preuves étaient insuffisantes. «Dans les affaires concernant des couples de même sexe, le chemin s’avère encore plus compliqué et ardu», a précisé Lu Pin.

Pour conclure, la militante féministe a expliqué que

«les combats contre la violence domestique et pour le respect des droits des femmes doivent se poursuivre. Jusqu’à présent, la voie a été ouverte par des femmes et des victimes, qui ont ‘payé’ de leur réputation et de leur intégrité physique chaque nouvelle politique et chaque nouvelle législation dans chaque province».

Focus. Loi sur la violence domestique, quel bilan 2 ans après ?