Dans son rapport sur les « Perspectives économiques en Afrique 2019« , la Banque Africaine de Développement a expliqué que « la taille des pays africains, leur ouverture et leur intensité commerciale avec les États-Unis et la Chine sont des aspects importants — plus de 60% des exportations africaines vont vers les États-Unis, la Chine et l’Europe, et plus de 70% des importations de l’Afrique proviennent de ces pays ».

Par conséquent, « une réduction de la demande pour les exportations africaines due à un ralentissement de l’économie mondiale suite à une guerre des tarifs pourrait avoir de sérieuses répercussions pour l’Afrique« , a indiqué la BAD.

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Mais malgré ces effets négatifs modestes, « l’Afrique pourrait, avec les bonnes réponses politiques, faire de l’intensification des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis une occasion d’améliorer la compétitivité et de renforcer l’intégration interrégionale », assure la BAD.

L’une des manières consiste à tirer parti de la dislocation et de la diversion commerciale provoquées par les tensions pour devenir les nouveaux fournisseurs de marchandises préalablement fournies, par exemple par la Chine aux États-Unis. « Saisir ne serait-ce qu’une petite partie de la dislocation résultant d’un plus fort protectionnisme commercial pourrait être bénéfique pour l’Afrique« , notent les rapporteurs.

Toutefois, les emprunteurs en Afrique se sont en outre détournés des prêteurs bilatéraux traditionnels, en Europe et aux États-Unis, pour se tourner vers les créanciers émergents. Par exemple, les nouveaux prêts de la Chine à l’Afrique sont passés de 2 milliards en 2003 à 17 milliards en 2013, avant de se stabiliser autour de 13 milliards en 2015.

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L’accumulation de la dette en Afrique illustre le rôle important que joue la dette pour financer les infrastructures essentielles au développement et les capacités des secteurs tournés vers l’exportation, et pour faire face aux fluctuations macroéconomiques sur le court terme. Le fait d’investir efficacement les fonds mobilisés par la dette stimule la capacité productive des pays pauvres en capital, et génère une croissance qui s’avère rentable sur le long terme.

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La récente élévation des niveaux de la dette dans de nombreux pays africains, et les inquiétudes que cela a suscité, représentent une bonne occasion d’étudier le rôle de l’accumulation de la dette dans le financement des investissements productifs, en particulier à travers les importations de biens intermédiaires et de biens d’équipement.

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La section suivante se penche sur la dynamique de la balance commerciale et étudie les conditions dans lesquelles la dette pourrait rester soutenable à l’avenir si les importations venaient à se composer davantage de biens d’équipement, précise la BAD.