Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a prévenu son homologue chinois contre les «menaces» envers ses alliés européens, notamment la République tchèque.

Heiko Maas, ministre allemand des affaires étrangères et son homologue Wang Yi

Suite à la visite du ministre des affaires étrangères, Wang Yi, l’Allemagne a engagé des mesures pour réduire sa dépendance économique vis-à-vis de la Chine. En menaçant la République tchèque de représailles élevées «pour ingérences dans les affaires intérieures de la Chine», en raison de la visite du président du Sénat tchèque à Taïwan, Wang Yi n’est pas parvenu à charmer les européens.

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«Nous, Européens, agissons en étroite coopération – nous offrons à nos partenaires internationaux le respect et nous attendons exactement la même chose d’eux», a rétorqué son homologue Heiko Maas. «Les menaces n’ont pas leur place ici», a prévenu ce dernier à la Chine.

Auparavant l’Allemagne priorisait le développement de ses échanges commerciaux avec la Chine sur les questions de droits de l’homme, espérant impulser par ce biais une plus grande ouverture commerciale et politique de la Chine.

Mais la situation au Xinjiang, à Hong Kong, et le soutien des pays du sud de l’Europe envers la Chine durant la pandémie de Covid-19 ont poussé Berlin a changé de stratégie. Le gouvernement d’Angela Merkel a donc adopté ce 2 septembre de nouvelles orientations Indo-Pacifiques, afin de développer de nouveaux accords de libre-échange en Asie, notamment avec le Japon, l’Inde, l’Australie et l’Indonésie.

Berlin souhaite renforcer ses relations avec des acteurs ayant «la même compréhension de la démocratie», et non la Chine. Cette «diversification des échanges» limitera sa dépendance à la Chine, son troisième partenaire commercial en matière d’exportations, derrière les Etats-Unis et la France. Berlin veut également sécuriser les routes maritimes en Extrême-Orient.

Alors que Wang Yi a évoqué son souhait de «meilleures relations plus stables et plus matures» avec l’UE et une coopération renforcée entre l’Allemagne et la Chine, Heiko Maas a assuré que «les deux parties doivent encore se rapprocher l’une de l’autre».