Le Canada porte «l’entière responsabilité» de la dégradation de ses relations diplomatiques avec la Chine, a estimé le gouvernement chinois, après avoir rejeté une demande de dialogue d’Ottawa.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a rejeté la demande de la Chine de libérer la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, car cela créerait un dangereux précédent pouvant mettre en péril tous les canadiens à l’étranger.

Les relations entre les deux pays se sont détériorées depuis décembre 2018, lorsque la police de Vancouver a arrêté Meng Wanzhou sur la base d’un mandat d’arrêt américain.

La justice américaine l’accuse d’avoir contourné les sanctions américaines contre l’Iran, ainsi que deux filiales de Huawei, pour avoir volé des secrets industriels du groupe de télécoms américain T-Mobile.

Quelques jours plus tard, la justice chinoise avait arrêté l’ex-diplomate canadien Michael Kovrig et son compatriote consultant Michael Spavor, soupconné d’espionnage, et a depuis condamné à mort deux autres Canadiens reconnus coupables de trafic de drogue.

Les services du premier ministre Justin Trudeau ont indiqué le 12 juin que la Chine avait ignoré en janvier 2019 une demande d’entretien avec son homologue chinois Li Keqiang pour «plaider personnellement» pour la libération immédiate des deux premiers Canadiens, et pour la clémence pour les deux condamnés.

Geng Shuang, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré le 13 juin n’avoir pas entendu parler de la démarche canadienne. «Mais ce que je peux vous dire est que les difficultés actuelles dans les relations Chine-Canada sont entièrement causées par le Canada, et que la partie canadienne en porte l’entière responsabilité», a-t-il assuré lors d’une conférence de presse.

La Chine a dit suspecter que Michael Kovrig et Michael Spavor travaillaient séparément à voler des secrets d’État. De son côté, le Premier ministre Justin Trudeau a déclaré que les deux hommes étaient emprisonnés «pour des raisons politiques».

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a également indiqué le mois dernier qu’elle avait cherché à rencontrer son homologue chinois Wang Yi, sans succès. La Chine a de son côté bloqué des milliards de dollars de produits agricoles canadiens.

Meng Wanzhou, la dirigeante de Huawei, vit sous assignation à résidence à Vancouver en attendant une audience d’extradition prévu début 2020. «Nous espérons que le Canada va sincèrement prendre en compte les graves inquiétudes de la Chine et relâcher immédiatement Mme Meng Wanzhou […] et prendre des mesures concrètes pour rétablir les relations Chine-Canada aussi vite que possible», a ajouté Geng Shuang, lors de la conférence de presse.