Le chiffre d’affaire pour 2021 du géant chinois des télécoms Huawei a diminué de près d’un tiers sur un an, sous l’effet des sanctions américaines.

Huawei a réalisé entre janvier et décembre 2021 un chiffre d’affaires de 634 milliards de yuans (87,4 milliards d’euros), a indiqué dans un message son président en exercice, Guo Ping.

En 2020, sur cette période, Huawei avait vendu pour 891,4 milliards de yuans de biens et services. La baisse s’inscrit ainsi à 29 %.

Huawei est depuis quelques années au centre de la rivalité sino-américaine, sur fond de guerre commerciale et technologique entre les deux premières puissances mondiales.

« 2022 aura son lot de défis », a averti Guo Ping dans son communiqué, citant « une conjoncture imprévisible, la politisation des questions technologiques et un mouvement croissant en faveur de la démondialisation ».

Huawei s’était retrouvé dans le collimateur de l’ancienne administration américaine de Donald Trump, qui l’accusait, sans preuves, d’espionnage potentiel au profit de Pékin. En 2019, Washington avait placé Huawei sur liste noire pour l’empêcher d’acquérir des technologies américaines, indispensables à ses produits.

Arrivée au pouvoir, le président démocrate Joe Biden a maintenu ces restrictions.

Premier fournisseur mondial d’équipements réseaux et télécoms, Huawei s’est lancé en 2003 sur le créneau du téléphone portable. Il a été l’un des trois principaux fabricants de smartphones au monde, avec le coréen Samsung et l’américain Apple.

Huawei a brièvement occupé la place de numéro un, stimulé par la demande chinoise et les ventes sur les marchés émergents. Mais les sanctions américaines, qui ont notamment coupé Huawei des chaînes d’approvisionnement mondiales en composants, ont plongé sa branche smartphones dans l’incertitude.

Huawei a vendu fin 2020 de Honor, sa marque de smartphones d’entrée de gamme. De plus, à cause des sanctions, la société a dû renoncer à utiliser le système américain Android, qui équipe l’immense majorité des smartphones dans le monde.

Huawei fait également face à des tensions dans le domaine de la technologie 5G, dont le déploiement s’accélère dans le monde.

L’administration Trump avait fait pression sur ses alliés de renoncer à Huawei pour équiper leur réseau 5G, arguant que Pékin pouvait utiliser la société chinoise pour surveiller les communications et trafics de données d’un pays.