Les pays occidentaux font face à un dilemme particulier lors de l’ouverture du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Ces derniers veulent confronter la Chine sur les violations des droits de l’homme dans sa région du Xinjiang, mai il y a une possibilité pour que ces actions échouent ou qu’ils ne parviennent pas à faire plier la Chine.

Dans un rapport publié le 31 août, le bureau des droits de l’homme de l’ONU a constaté que la « détention arbitraire et discriminatoire » par la Chine des Ouïghours et d’autres musulmans sur place pourrait constituer des crimes contre l’humanité. La Chine nie vigoureusement tout abus.

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Le Haut Commissaire aux droits de l’homme, l’Autrichien Volker Turk, n’est pas encore prit ses fonction à Genève et aucune action de suivi n’est officiellement inscrite à l’ordre du jour du Conseil des droits de l’homme.

Cela signifie que toute action contre la Chine pourrait être initiée par l’une des 47 nations qui composent le Conseil chargé de promouvoir et de protéger les droits de l’homme dans le monde.

Les diplomates occidentaux ont déclaré qu’un groupe envisageait toute une série d’options, y compris une résolution sur la Chine pour la première fois en 16 ans d’histoire du Conseil. Cette action pourrait inclure un mécanisme d’enquête.

La moralité occidentale mise à l’épreuve

Pour certains, ce dilemme est un test pour l’autorité morale de l’Occident en matière de droits de l’homme après la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.

« Si la majorité décide qu’il ne vaut pas la peine d’agir après les violations dénoncées dans le rapport (de la Chine), cela signifierait que la vision universaliste des droits de l’homme est en jeu et que l’ordre juridique serait affaibli », a déclaré un diplomate occidental à l’agence de presse, Reuters.

Le diplomate a ajouté que des « discussions intensives » sur les actions de suivi potentielles sont en cours. « Il y a un coût de l’inaction, un coût de l’action et un coût d’une tentative d’action ratée », a déclaré à Reuters un autre diplomate occidental, s’exprimant également sous couvert d’anonymat.

Le conseil, dont la réunion est prévue jusqu’au 7 octobre, n’a pas de pouvoirs juridiquement contraignants, mais ses débats donnent lieu à une surveillance accrue et ses actions peuvent déclencher des enquêtes. Ces enquêtes peuvent fournir des preuves devant des tribunaux nationaux et internationaux.

Selon les diplomates, la Chine avait cherché à empêcher la diffusion publique du rapport sur le Xinjiang. La diplomatie chinois avait alors exercé de fortes pressions contre toute action de suivi par le biais de câbles diplomatiques, ou démarches, dans les capitales.

« Le monde en développement rejettera toutes les initiatives anti-Chine initiées par les pays occidentaux », a déclaré aux journalistes l’ambassadeur de Chine aux Nations Unies à Genève, Chen Xu. « Toute forme d’effort anti-Chine est vouée à l’échec ».

Obtenir l’adoption d’une résolution serait difficile. Entre 1990 et 2004, 11 projets de motions ont été proposés sur la situation des droits de l’homme en Chine au Conseil, mais aucun n’a été adopté.

Une session spéciale du Conseil des Droits de l’Homme

Certains analystes estiment que l’influence occidentale a diminué depuis la création du Conseil en 2006. Olaf Wientzek, directeur du bureau de Genève du groupe de réflexion allemand Konrad Adenauer Foundation, a indiqué qu’une motion de la Chine serait rejetée par 16 voix contre 14 et 17 abstentions. « Plus le mandat est fort, plus les chances qu’il soit rejeté sont grandes », a ajouté Wientzek.

D’autres options envisagent la convocation d’une « session spéciale » du Conseil, pour cela il faut au moins un tiers des votes du Conseil pour être adoptée. Il est aussi question d’une condamnation orale, ou « déclaration conjointe », cela correspond à une étape plus faible mais qui ne nécessite pas un nombre minimum de votes pour être adoptée.

Le dilemme de la Chine auquel sont confrontées les occidentaux est compliqué car les ONG font pression pour une motion parallèle chargeant un expert indépendant de renforcer la surveillance des droits de l’homme en Russie.

Or agir à la fois sur la Russie et la Chine pourrait risquer une plus grande alliance anti-démocratique sur les droits de l’homme, selon les diplomates. La Russie a été suspendue du conseil en avril en raison de son invasion de l’Ukraine en février, mais reste active dans les réunions informelles.