Wang Yi, le ministre des Affaires étrangères chinois, a annoncé le 22 mars des sanctions à l’encontre de personnalités européennes, une décision fortement contestées par plusieurs pays de l’Union européenne.

Ministre des affaires étrangères, Wang Yi

L’ambassadeur de Chine au Danemark a été convoqué au ministère des Affaires étrangères le 23 mars suite à la décision de la Chine de sanctionner dix personnalités européennes provoquant la colère des européens.

La décision de la Chine découle de l’adoption de sanction par l’UE contre quatre dirigeants de la région chinoise du Xinjiang pour les violations des droits de l’homme concernant la minorité musulmane des Ouïghours.

Les sanctions sont nominatives, ciblées et consistent en une interdiction de visa et un gel des avoirs dans l’UE. Le Royaume-Uni et le Canada ont fait de même.

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«Lors de la réunion, des critiques claires ont été exprimées (…) par rapport aux sanctions que la Chine a imposées à un certain nombre d’individus et d’organisations européens, y compris la fondation pour la démocratie Alliance des Démocraties, fondée par l’ancien Premier ministre Anders Fogh Rasmussen», qui fut ensuite secrétaire général de l’OTAN, a indiqué le ministère danois dans un communiqué.

«Quand la Chine sanctionne des personnalités politiques, des institutions et des leaders d’opinion européens libres et critiques simplement parce qu’ils se sont exprimés de manière critique contre la Chine, il s’agit d’une attaque claire contre la liberté d’expression des citoyens en Europe et au Danemark. C’est évidemment inacceptable», a estimé le ministre danois des Affaires étrangères, Jeppe Kofod, cité dans le communiqué.

Ce dernier s’oppose à toute «escalade» des tensions entre la Chine et l’UE et notamment le Danemark. «Permettez-moi de souligner que les sanctions européennes n’affectent que des responsables chinois qui sont directement responsables de graves violations des droits de l’Homme», a-t-il ajouté.

De son côté, le secrétaire d’État allemand aux Affaires étrangères Miguel Berger a convoqué le 23 mars l’ambassadeur de Chine à Berlin pour «une discussion urgente». Le secrétaire d’État a estimé auprès de l’ambassadeur Wu Ken que ces sanctions «pesaient inutilement sur les relations entre l’UE et la Chine» et demandé au nom du gouvernement que cette décision, vivement dénoncée par les Européens, soit «immédiatement annulée».

La Belgique, la France et la Lituanie ont également convoqué les ambassadeurs de Chine dans leurs pays respectifs pour protester.