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2019-nCoV,Interviews,OPINIONS

« Le maintien de l’autorité centrale chinoise est aujourd’hui indispensable »

Dans une interview publiée sur le site de l’IRIS, Barthélémy Courmont, directeur de recherche à l’Institut des Relations internationales et stratégiques a expliqué quelles sont les conséquences du nouveau coronavirus 2019-nCoV sur l’Empire du milieu.

Ce dernier a souligné que 18 années après l’épidémie du SRAS, l’État chinois a fait des progrès dans la gestion de cette crise sanitaire.

Barthélémy Courmont

« Mais il y a aussi des évolutions qui justifient de grandes inquiétudes. D’un côté, les autorités ont retenu la leçon du SRAS, et la lenteur dans la mise en place de dispositifs appropriés. La Chine avait alors montré ses limites, avant de se reprendre et de lutter, efficacement, contre cette épidémie. Cette fois, même si nombreux sont ceux qui critiquent la réactivité chinoise, il convient de noter l’importance des dispositifs, dont la construction d’un hôpital en dix jours n’est que la face visible, la partie «communication» si on peut dire. Les mesures sont exceptionnelles et même inédites, ce qui traduit une vraie prise de conscience ».

Cependant, « la gestion de la crise reste très opaque », car « la Chine assure contrôler la situation tandis que des informations très contradictoires fuitent. Les contacts avec l’OMS sont établis, mais au-delà, les autorités chinoises pourraient, et devraient, faire appel à une aide internationale leur permettant de lutter plus efficacement contre l’épidémie ». Or « au lieu de cela, la Chine préfère gérer la crise seule et se contente de dispenser des informations dont le contenu inquiète autant qu’il rassure ».

Sur le plan économique, le pays « sera évidemment fortement affectée par cette crise, mais il est difficile de savoir à quelle hauteur, tout dépendra de la durée de la crise. N’oublions cependant pas que derrière la Chine, c’est l’économie mondiale qui va être profondément impactée », a indiqué le spécialiste de l’Asie du Nord-est.

Durant l’épidémie de SRAS (2002-2003),

« la Chine était encore un pays en développement, et son intégration dans l’économie mondiale était encore balbutiante. Désormais ce pays est la première puissance exportatrice mondiale, un consommateur de premier plan, et un lieu de production pour une multitude de produits. L’essoufflement de l’économie chinoise aura des répercussions planétaires ».

D’un point de vue politique, « les réseaux sociaux chinois se sont sans surprise emparés de cette crise, qui est commentée en abondance. (…) Tout ne doit pas être pris au premier degré, mais les critiques innombrables concernant la gestion de la crise et, notamment, le fait que les autorités masqueraient l’ampleur du phénomène, doivent nous alerter non seulement sur la vitalité de l’opinion publique chinoise ».

D’ailleurs, face aux doutes et aux rumeurs autour de l’épidémie,

« la confiance que les chinois accordent à leurs dirigeants pourrait être profondément affectée dès lors qu’il y aurait un doute sur la capacité à gérer cette crise. Or, la légitimité du pouvoir chinois repose précisément sur la confiance que la population lui accorde dans sa gestion des affaires. Dès lors, au-delà d’un nécessaire travail de communication, les dirigeants chinois doivent s’interroger sur la reconstruction d’une relation de confiance, au risque de voir sa légitimité être contestée ».

Contrairement à ce qui a pu être dit dans certains médias occidentaux, il faut « rester prudent quant à une perte de légitimité du pouvoir et de Xi Jinping et des effets positifs qui en résulteraient. Une gouvernance chaotique de la Chine aurait des conséquences très néfastes sur l’économie de ce pays, et par extension du monde, mais aussi sur la stabilité du pays le plus peuplé de la planète ».

Il existe donc un

« paradoxe, si les démocraties occidentales ont de bonnes raisons de critiquer le régime chinois pour son opacité et une gestion discutable de l’épidémie, le règlement rapide de la crise et le maintien de l’autorité centrale chinoise sont aujourd’hui indispensables. Et la crise du coronavirus en est un bon indicateur ».

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