« L’économie chinoise a poursuivi une reprise stable durant les trois premiers trimestres de cette année, les principaux indicateurs restant dans une fourchette raisonnable », a expliqué un responsable du Bureau d’Etat des statistiques (BES).

Le produit intérieur brut (PIB) de la Chine a augmenté de 9,8% en glissement annuel au cours des trois premiers trimestres, ce qui place la croissance moyenne pour la période des deux dernières années à 5,2%, selon les données du Bureau d’Etat des statistiques (BES).

Au cours du troisième trimestre, le PIB du pays a augmenté de 4,9% en glissement annuel, contre une croissance de 18,3% au premier trimestre et de 7,9% au deuxième trimestre.

« L’économie chinoise a maintenu sa dynamique de reprise au cours des trois premiers trimestres, avec des progrès dans l’ajustement structurel et un développement de qualité », a déclaré Fu Linghui, porte-parole du BES.

Ce dernier a indiqué que la consommation a été le plus grand contributeur à la croissance économique de janvier à septembre 2021. En effet, les ventes au détail ont accélérées, avec une hausse de 4,4% contre 2,5% en août. Les analystes interrogés par Reuters anticipaient une progression de 3,3%.

De leurs coté, les exportations nettes ont contribué à hauteur de 19,5% à l’augmentation du PIB. Des indicateurs économiques importants ont continué à s’améliorer de manière générale, les ventes au détail des biens de consommation ayant progressé de 16,4% en glissement annuel au cours des trois premiers trimestres de l’année.

La production industrielle à valeur ajoutée de la Chine a augmenté de 11,8% en glissement annuel au cours des trois premiers trimestres, tandis que les investissements en actifs fixes ont progressé de 7,3%.

Le taux de chômage urbain recensé du pays s’est établi à 4,9% en septembre 2021, soit 0,5 point de pourcentage de moins que durant la même période l’année dernière, selon les données du BES.

Au cours de la période janvier-septembre, la Chine a créé 10,45 millions d’emplois urbains, atteignant 95% de l’objectif pour l’ensemble de l’année.

Évoquant les progrès réalisés, Fu Linghui a mis en garde face aux incertitudes croissantes dans l’environnement international et à la reprise inégale de l’économie intérieure, ajoutant que la Chine prendrait diverses mesures pour maintenir l’économie dans une fourchette raisonnable.

En effet, bien que l’économie de la Chine a réussi à se relever solidement de la crise sanitaire du Covid-19, son rebond s’est affaibli alors que l’activité industrielle a ralenti, la consommation est restée faible et le secteur de l’immobilier a décliné avec la mise en place de nouvelles règlementations.

« Face aux sinistres données sur la croissance que nous anticipons dans les mois à venir, nous pensons que les décideurs vont prendre plus de mesures pour soutenir la croissance, notamment en assurant des liquidités abondantes sur le marché interbancaire, en accélérant le développement d’infrastructures et en assouplissant certaines normes de crédit et d’immobilier », a expliqué Louis Kuijs, directeur pour l’Asie chez Oxford Economics.

Ce dernier a indiqué à l’agence de presse Reuters qu’en plus des inquiétudes des économistes, les déboires financiers du géant immobilier China Evergrande Group font planer la menace d’une crise du secteur immobiliser en Chine, et d’un impact plus large, sur l’économie tout entière.

Un responsable de la Banque populaire de Chine (BPC) a jugé que les répercussions des difficultés financières d’Evergrande sur le système bancaire chinois étaient maîtrisables.

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De son côté, le Premier ministre Li Keqiang a expliqué que la Chine disposait de suffisamment d’outils pour faire face aux défis économiques malgré le ralentissement de la croissance, ajoutant que le gouvernement était confiant dans la réalisation des objectifs de développement pour 2021.

Pékin anticipe une croissance de son PIB de 8% sur l’ensemble de l’année. Tandis que d’autres statistiques montrent que la production industrielle a déçu en septembre, avec une hausse sur un an de 3,1%, contre 5,3% le mois précédent, alors que le consensus ressortait à +4,5%.

Il s’agit de la plus faible progression de la production industrielle depuis mars 2020, lors de la première vague de l’épidémie de coronavirus.