Barbara Demick, ancienne correspondante du Los Angeles Times à Séoul puis à Pékin, a été maintes fois primée dans le domaine des droits de l’homme.

« Nombre d’Occidentaux se tournent vers le bouddhisme tibétain en quête d’une réponse à leurs angoisses existentielles, mais ils sont bien peu à connaître la réalité du quotidien des 6 millions d’habitants du Tibet. Longtemps perçu comme le royaume inatteignable des moines bouddhistes, le pays demeure une terre interdite – gérée de main de fer par la Chine depuis les années 1950, laquelle contrôle l’attribution de visas touristiques et empêche les journalistes d’accéder au terrain », a écrit la maison d’édition, Albin Michel, dans son communiqué.

Dans cet ouvrage, Barbara Demick dresse le portrait de Ngaba, ville frontalière de l’est du plateau tibétain, devenue la « capitale mondiale des auto-immolations« . Régulièrement, un moine, une nonne, un paysan ou un lycéen vont dans le centre de la ville, souvent au monastère de Kirti, scandent des slogans contre la domination chinoise, puis s’immolent par le feu.

Elle dresse un « portrait saisissant du Tibet d’aujourd’hui et de certains de ses habitants : une princesse dont la famille a été décimée durant la Révolution culturelle ; un jeune nomade qui se radicalise dans un monastère ; une lycéenne sommée de choisir entre sa famille et une bourse chinoise ; ou encore un poète prêt à tout pour faire entendre la voix de la résistance« .

Tous sont confrontés au même dilemme : faut-il résister à la Chine ou se soumettre ? Continuer à prôner la non-violence ou prendre les armes ?

Son précédent ouvrage, « Rien à envier au reste du monde », consacré à la Corée du Nord (repris en « Espaces libres » en 2021), a été traduit en une vingtaine de langues, largement salué par la presse et finaliste du National Book Award.