Les autorités chinoises et européennes devraient signer un traité bilatéral d’investissement l’an prochain, après des mois de discussions.

«Les représentants de la Chine et de l’UE ont discuté du texte de l’accord et de la liste du TIB et ont réalisé des progrès positifs» au cours du 21ème cycle de négociations de cinq jours qui s’est achevé le 14 juin, a déclaré Gao Feng, porte-parole du ministère chinois du Commerce.

Ce dernier a expliqué que les deux parties vont ss’aligner sur le consensus trouvés par les dirigeants chinois et européens en avril 2019, lors de la 21e réunion des dirigeants Chine-UE.

La Chine et l’Union européenne ont convenu en avril que les négociations sur le TIB (traité d’investissement bilatéral) devraient aboutir à des «progrès décisifs» en 2019 pour la conclusion d’un accord de haut niveau en 2020, selon une déclaration commune publiée après la 21ème réunion des dirigeants Chine-UE.

Les discussions sur le TIB, qui couvrent l’accès au marché et la protection des investissements, ont débuté en 2013.

Wei Jianguo, ancien vice-ministre du Commerce et secrétaire général adjoint du Centre chinois pour les échanges économiques internationaux, a indiqué que l’avancée des négociations était « naturelle ».

En effet, les risques associés aux investissements aux Etats-Unis, qui étaient traditionnellement la plus grande destination pour l’UE, sont en train d’augmenter en raison des incertitudes politiques du président américain Donald Trump.

«L’UE dispose également d’un volume économique important [dont la Chine a besoin]. Les négociations sur le TIB progressent tel un canal qui se forme lorsque l’eau arrive», a déclaré Wei Jianguo.

En 2018, les investissements de la Chine dans l’UE ont augmenté de 3,3% en glissement annuel pour atteindre 7,82 milliards de dollars, faisant du pays la huitième source d’investissement du bloc européen, selon les données du ministère chinois du Commerce.

Pour Cui Hongjian, directeur des études européennes à l’Institut chinois des études internationales, l’accélération des négociations sur le TIB montrait que l’UE était disposée à travailler avec la Chine de manière «indépendante» pour faire face conjointement à la tendance antimondialisation menée par les Etats-Unis.

«Les discussions entre la Chine et les Etats-Unis, malgré le fait qu’elles aient débuté rapidement, sont aujourd’hui en suspens sur fond de guerre commerciale, mais les pourparlers entre la Chine et l’UE vont de l’avant. Cela montre que la Chine ne s’ouvre pas aux Etats-Unis à cause de la ligne dure adoptée par Donald Trump – la Chine s’ouvre aux pays désireux d’ouvrir leurs économies et de défendre le libre-échange», a affirmé Cui Hongjian.

Le Traité d’Investissement Bilatéral permettra à la Chine davantage d’influence sur d’autres tables de négociation, comme avec les Etats-Unis.

«Tant que nous disposons d’un mécanisme efficace pour attirer les investisseurs étrangers et faire avancer les négociations sur le TIB, il importe peu que les entreprises américaines se conforment à l’ordre du président Donald Trump et rompent leurs liens avec le marché chinois», a affirmé Bai Ming, directeur adjoint de l’Institut international d’études de marché du ministère chinois du Commerce.