La croissance du secteur manufacturier n’a que légèrement ralenti en avril, prouvant la résistance de la deuxième économie mondiale. Toutefois, la stabilité des commandes à l’exportation est plus préoccupante dans un contexte de guerre commerciale entre Beijing et Washington.

«Un ralentissement de la croissance est prévisible dans les mois qui viennent, une médiocre croissance du crédit et le refroidissement du marché immobilier allant en s’intensifiant», a expliqué Chang Liu, économiste de Capital Economics à l’agence de presse britannique, Reuters.

L’indice PMI officiel des directeurs d’achats a très légèrement fléchi à 51,4 en avril contre 51,5 en mars, a annoncé le Bureau d’Etat de la statistique. Pour le 21ème mois consécutif, l’industrie chinoise est en pleine croissance, alors que les analystes prévoyaient un indice PMI de 51,3.

Le sous-indice des commandes à l’exportation a reculé à 50,7 contre 51,3 et celui des nouvelles commandes a également baissé dans leur ensemble, bien que la production reste stable.

Certains ont fait part à Reuters de leur crainte vis-à-vis du secteur high-tech, qui a bien contribué à la solide croissance de l’exportation en 2017. En effet, le conflit sino-américain pourrait peser sur ce secteur clé de l’économie du pays. Cependant, le sous-indice high-tech a poursuivi sa progression, à 53,8 en avril, contre 53,2 en mars.

Les économistes prévoient également un taux de 6,5% de croissance cette année, ce qui est conforme aux projections du gouvernement, après les 6,9% supérieurs aux prévisions de 2017.

Pour le secteur des services, qui représente plus de la moitié de l’économie, l’indice officiel PMI a progressé à 54,8 contre 54,6 en mars.  De même, l’indice PMI composite, qui regroupe industrie et services, a avancé, à 54,1 en avril contre 54 en mars.

L’activité du secteur du bâtiment, important vecteur de croissance en 2017, a été pratiquement stable. Grâce à une politique de grands travaux, un marché immobilier résistant et une vigueur inattendue de l’exportation, les industriels ont aidé le pays à afficher une croissance robuste en 2017.

La demande industrielle est moins marquante, la croissance de l’investissement ralentit et le marché immobilier n’est plus aussi stimulant, tandis que les prix à la production ont faibli ces derniers mois.

Pour les analystes de Nomura, «un solide PMI nous porte à croire qu’il n’est pas urgent d’adopter une politique budgétaire ou une politique monétaire plus expansionnistes et qu’il faut toujours se concentrer sur un désendettement progressif et ordonné pour réduire le risque financier».