Les autorités indiennes ont décidé d’examiner le programme des instituts Confucius et réévaluer les accords universitaires. De son côté, la Chine a demandé à New Delhi de traiter l’enseignement supérieur indo-chinois de manière «objective et équitable».

D’après l’Hindustan Times, le gouvernement a décidé d’examiner de plus près les Instituts Confucius après que les agences de renseignement aient soulevé des problèmes de sécurité autour de ces instituts.

Les agences ont également souligné que de nombreuses universités et instituts centraux avaient décidé de signer des pactes avec des instituts chinois sans les approbations réglementaires des autorités.

La mise en garde sécuritaire autour des Instituts Confucius intervient alors que les négociations entre les armées de Chine et d’Inde sont dans l’impasse, après l’affrontement qui a eu lieu le long de la ligne de contrôle réel dans l’Est du Ladakh en juin.

La décision de New Delhi fait suite aux inquiétudes croissantes dans certaines pays occidentaux, concernant l’utilisation abusive des institutions financées par le gouvernement chinois pour des activités autres que universitaires.

L’examen sera mené conjointement par la Commission des subventions universitaires, l’autorité de régulation de l’enseignement supérieur, ainsi que le ministère de l’Éducation. Un haut responsable du ministère indien de l’Éducation a rejeté l’insinuation selon laquelle l’examen est un exercice politique : cet examen est mené « pour comprendre le fonctionnement de ces instituts et programmes … (Il est mené) d’un point de vue académique », a déclaré un responsable au Hindustan Times.

Les instituts Confucius sont directement financés par le Ministère de l’éducation de la République populaire de Chine dans le but affiché de promouvoir la langue et la culture chinoises. Mais ils ont été critiqués dans des pays occidentaux, y compris aux États-Unis et au Royaume-Uni pour avoir – selon eux – aidé à diffuser la propagande chinoise.

L’examen décidé devrait pour New Delhi concerner les 54 mémorandums d’accord signés par les universités centrales et les institutions avec les universités chinoises. Cet exercice, en plus d’évaluer les résultats académiques des accords, examinera également de près les questions de conformité.

Ainsi, il s’agit d’une part, de savoir si les universités, les collèges et les institutions ont obtenu l’autorisation du Centre (ex-ministère du Développement des ressources humaines) ou du ministère des Affaires extérieures avant de signer les protocoles d’accord avec les universités chinoises ou Hanban.

« Nous parlons de paix et de tranquillité avec la Chine depuis 1993. Mais cela empêche-t-il l’APL (Armée populaire de libération) d’essayer de grignoter la ligne de contrôle », a déclaré une source proche du dossier au journal Hindustan Time, suite à l’appel de la Chine à être « objectif et juste ».

« Tout ce que nous faisons, c’est revoir le fonctionnement des instituts et opérationnaliser les protocoles d’accord. Ce n’est pas fait avec un esprit prédéterminé pour les fermer. Nous voulons savoir ce qu’il y a dedans pour les étudiants indiens et l’Inde », a assuré cette source.

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