Depuis mars 2020, le nombre de dauphins blancs chinois, appelés à Hong Kong «dauphins roses» , a augmenté d’environ un tiers dans les eaux situées entre Hong Kong et Macao, mais les scientifiques s’inquiètent.

Les scientifiques craignent les risques de disparition à terme de cette espèce emblématique. D’ailleurs, la scientifique Naomi Brennan enregistre la position de chaque dauphin qu’elle voit sur son GPS.

Comme cette dernière, les défenseurs de l’environnement embarquent régulièrement sur des bateaux pour récolter des données sur le comportement de ces dauphins dans le Delta de la Rivière des Perles.

«Aujourd’hui, nous avons recensé trois groupes de dauphins, six adultes et deux jeunes» qui «se nourrissaient, se déplaçaient et socialisaient», explique-t-elle.

La population des dauphins roses a chuté de 70 à 80 % au cours des 15 dernières années à Hong Kong, qui est l’une des zones les plus industrialisées de la planète. L’habitat des dauphins roses a été détruit lors de la construction de gigantesques infrastructures : aéroport de Hong Kong, pont maritime reliant Hong Kong à Macao, la construction d’une troisième piste à l’aéroport de Hong Kong.

Mais cette année, la pandémie a eu des conséquences positives, car la population des cétacés a augmenté. Avec la suspension du trafic des ferries reliant Hong Kong à Macao depuis février, les scientifiques ont constaté l’adaptation des mammifères à ce «calme sans précédent».

«Nous observons des groupes de taille beaucoup plus importante ainsi que des comportements d’accouplement et de socialisation beaucoup plus nombreux, du presque jamais vu depuis environ cinq ans», a expliqué le Dr Lindsay Porter, une océanographe basée à Hong Kong.

Ainsi, depuis mars, le nombre de dauphins a augmenté d’environ un tiers dans ces eaux. «Cet endroit semble important pour leur alimentation et leur socialisation. C’est donc formidable qu’ils aient ce refuge», a précisé Naomi Brennan, membre de son équipe.

Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), il ne subsiste qu’environ 2 000 dauphins roses dans l’embouchure de la Rivière des Perles, soit le nombre minimum pour permettre la survie de l’espèce.

De plus «les dauphins, et en particulier ces dauphins d’estuaire, ont des taux de croissance et de reproduction lents», a précisé Laurence McCook, responsable de la conservation des océans pour le WWF à Hong Kong.

L’absence de ferries n’est que temporaire, et les nuisances devraient revenir rapidement. Les bateaux génèrent une pollution sonore qui altère leur communication et leur navigation. Ils sont aussi une menace physique pour eux, risquant de les blesser ou de les tuer.

La côte sud de l’île de Lantau Hong Kong, est un sanctuaire pour ces dauphins en cas de typhon ou en présence de prédateurs. Mais c’est là que circulent les ferries reliant Macao à Hong Kong.

Les écologistes demandent l’extension du parc marin déjà existant pour mieux protéger les espèces vulnérables. «Nous avons maintenant identifié un habitat qui pourrait être récupéré et utilisé pour aider leur population», a expliquée Naomi Brennan.

Cette dernière a expliqué à l’Agence France Presse, que les découvertes réalisées durant la suspension du trafic des ferries est « une formidable opportunité pour renverser la vapeur face au déclin de cette population de cétacés ».

«Le fait que nous ayons assisté à un changement aussi spectaculaire même s’il n’en ait qu’à son début (…) est vraiment positif», a indiqué la militante. « Mais le temps presse pour les dauphins », a souligné Laurence McCook, du WWF.

«Ils font partie du patrimoine cantonnais. Ils sont ici depuis des millénaires « » et «ce serait une tragédie mondiale de perdre cette créature emblématique de l’avenir de la région», a précisé cette dernière.