Les entreprises leaders de la fintech en Chine dans le collimateur des régulateurs

par | Avr 30, 2021 | ECONOMIE, POLITIQUE

Les régulateurs financiers de la Chine ont tenu le 29 avril des entretiens avec des représentants de 13 sociétés Internet qui ont des affaires dans la technologie financière (fintech) – dont Tencent, Du Xiaoman Finance (détenue par Baidu), JD Finance, ByteDance, Meituan Finance et Didi Finance.

La Banque populaire de Chine, la Commission de contrôle des banques et des assurances de Chine, la Commission de contrôle boursier de Chine et l’Administration d’État des changes sont à l’origine de cet échange sur la réglementation.

L’objectif de cette rencontre était d’échanger sur le renforcement de la surveillance anti-monopole et la prévention de l’expansion désordonnée du capital. Les régulateurs chinois craignent les risques exposés par une industrie de la fintech en croissance rapide.

Outre le monopole de certaines entreprises, les régulateurs chinois sont déterminés à «éliminer les problèmes de premier plan pour assurer la sécurité financière tout en encourageant l’innovation financière», selon l’agence de presse, Xinhua.

Cette rencontre et notamment la situation d’AntGroup,  d’autres sociétés de la fintech, devraient inciter les entreprises à «mener leurs propres auto-évaluations alors que les autorités financières poursuivront leur surveillance stricte et équitable cette année».

Parmi les autres plateformes Internet qui ont participé à la réunion figurent Lu.com, Air Star (appartenant à Xiaomi), 360 Digital Tech (appartenant à Qihoo 360 Technology), Sina Finance, Suning Finance, Gome Finance et Ctrip Finance.

Les régulateurs financiers de la Chine ont exigé des entreprises de la fintech la mise sous surveillance de toutes leurs activités financières et la suppression du lien inapproprié entre outils de paiement et autres produits financiers. Les entreprises chinoises devront également avoir une licence pour pouvoir exploiter leurs activités financières.

Ainsi, les plateformes Internet devront contrôler l’extension des comptes de paiement non bancaire au domaine public et renforcer la gestion des procédures clés, telles que le certificat des actionnaires, la structure de propriété, le capital, l’isolement des risques et les transactions connectées.

Les entreprises Internet devront aussi renforcer le mécanisme de protection des consommateurs, notamment en réglementant la manière dont les informations personnelles sont collectées, commercialisées et le texte du contrat type, ont expliqué les régulateurs chinois.

Ces nouvelles obligations montrent – selon les experts – la volonté de la Chine et des régulateurs chinois  «à redonner au secteur financier sa véritable substance: servir l’économie réelle, fournir des services aux consommateurs et prévenir les risques financiers, ainsi qu’utiliser correctement les nouvelles technologies pour améliorer l’efficacité de la finance au service de l’économie réelle, plutôt que d’accumuler des risques».

D’ailleurs, «le régulateur a indiqué espérer que ces entretiens avec de grandes entreprises pourront jouer un rôle démonstratif dans le fonctionnement standard de l’ensemble du secteur», selon un article publié sur le compte WeChat de Guoshizhitongche appartenant à China News Service.

Raison pour laquelle, les entreprises chinoises de la fintech vont lacer d’ici peu des mesures d’auto-inspection basée sur les règles financières et le mécanisme de surveillance financière. «Pour celles dont les rectifications ne suffisent pas ou celles qui enfreignent de manière flagrante les lois, les régulateurs enquêteront strictement et les poursuivront en conséquence», ont indiqué les régulateurs chinois.

Les régulateurs chinois s’attendent à ce qu’il y ait la mise en place d’autres mesures pour examiner le plan de rectification et ses effets, ainsi que pour faire des suggestions en temps opportun. De leurs côtés, les opérateurs de plateforme «doivent être conscients que la promotion des rectifications et des réformes à temps signifiera qu’ils auront commencé sur la bonne voie».

Pour certains analystes, cette nouvelle supervision des régulateurs chinois ne pas ralentir l’innovation financière, mais favoriser le développement à long terme de l’industrie. «Nous encourageons les innovations dans la fintech, mais cela devrait être dans le cadre de la légalité et de la conformité. Ce n’est que lorsque l’innovation respecte la réglementation que nous pourrons aller plus loin et suivre le rythme de notre époque», a affirmé au Global Times un observateur du secteur.

«Les 13 entreprises convoquées jeudi pour avoir enfreint la réglementation anti-monopole se sont engagées à resserrer l’autorégulation et à ajuster leurs activités conformément à leur mandat ainsi qu’à continuer de servir l’économie réelle et le peuple», ont précisé les régulateurs chinois.

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