vendredi, mai 24

Les femmes au pouvoir : un long chemin

Sur les 200 membres du Comité central du PCC moins de 5% sont des femmes. Une situation qui peine à changer, même si le slogan de Mao Zedong dit : « Les femmes portent la moitié du ciel et doivent la conquérir ». Encore aujourd’hui, il est difficile pour les femmes d’atteindre le ciel du pouvoir politique.

Liu Yandong, un parcours exceptionnel

Fille d’un ministre de l’Agriculture, elle a rejoint le Parti communiste chinois à 19 ans. Diplômée de chimie, elle commence sa carrière politique à Beijing. Durant neuf années, elle occupera le poste de vice-présidente de la Ligue nationale de la jeunesse.

Conseillère d’État entre 2008 et 2013, elle occupe depuis le 16 mars 2013 le poste de deuxième vice-premier ministre de la République Populaire de Chine. Depuis la démission de Wu Yi, Liu Yandong est la femme politique ayant la plus haute position au sein du PCC.

Liu Yandong est – avec  Sun Chunlan – l’une des deux seules femmes parmi les 25 membres du 18ème bureau politique du PCC. Malgré sa position et son parcours, elle n’a pas atteint le Comité permanent du Bureau politique.

Wu Yi, un long travail sans reconnaissance

Wu Yi, née en 1938, a été Vice-première ministre du Conseil des affaires de l’État de Chine jusqu’en mars 2008. Ingénieure en technique pétrolière, elle est membre du PCC depuis avril 1962.

En 1988, elle devient maire adjoint la capitale, Beijning. Elle est membre des 15e, 16e et 17e Politburos et a été nommée ministre de la Santé pendant la crise du SRAS en 2003, poste auquel elle a confirmé sa réputation d’autorité, jusqu’en 2005.

Elle a d’ailleurs été classée 2ème dans la Liste des femmes les plus puissantes du monde selon le magazine Forbes en 2005. En 2006, elle est classée 3ème et en 2007 2ème. Wu Yi est celle qui a négocié l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC). « Elle a vraiment consacré sa vie à la politique », a expliqué Marie Holzman, à LaLibre.be. Pour la sinologue, « c’est une exception », qui n’a pas reçu les mérites qu’un homme aurait certainement reçus.

Les femmes lésées sur la scène politique

Au cours de la Chine impériale, peu de femme ont atteint les hautes autorités : « les chinois ont laissé monter une femme au pouvoir tous les mille ans ! », a indiqué Marie Holzman. Cette dernière fait référence aux impératrices Lü, Wu Zetian et à l’impératrice douairière Cixi.

D’ailleurs, la 4ème épouse de Mao Zedong, Jiang Qing, était parvenue à la direction du PCC, non pour ses compétences, mais pour ses relations avec le Grand Timonier. Ancienne actrice, elle a été surnommée « Impératrice rouge ». Elle a un rôle politique majeur durant la Révolution culturelle (1966-1976). Elle a été arrêtée en 1976, quelques jours après la mort de Mao et condamnée à finir ses jours en prison, où elle se suicida.

Membre de la Bande des Quatre, elle a été jugée comme une des personnalités responsables du déclenchement, des violences et des destructions de la Révolution culturelle. « Ce personnage hystérique, nuisible et caricatural a joué un rôle négatif pour ce qui est de l’image des femmes qui font de la politique », d’après l’anthropologue spécialiste de la Chine, Françoise Lauwaert.

Françoise Lauwaert a expliqué à LaLibre.be que la sphère politique chinoise est imprégnée de comportements « très masculins », tels que « le banquet, les toasts, les prostituées, le golf, etc. ». De ce fait, « il n’est pas très facile pour une femme de s’imposer » dans ce monde.

« La particularité de Wu Yi est qu’elle se comportait comme un homme. Son passe-temps favori, c’était la pêche. Elle n’était pas mariée et n’avait pas d’enfants », a noté Marie Holzman, ajoutant qu’il est « impensable qu’une femme mariée se consacre pleinement à la politique en Chine, parce que forcément elle ne peut pas faire d’ombre à son mari ».  

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