Après l’arrêt du trafic aérien entre Madagascar et la Chine, afin d’endiguer l’épidémie de coronavirus, certains opérateurs malgaches craignent un ralentissement du commerce.

Le Conseil économique et commercial auprès de l’ambassade de Chine a rassuré les acteurs économiques et la société civile, assurant que le coronavirus ne devrait pas avoir d’impacts sur les échanges commerciaux.

Lors d’une conférence de presse à Nanisana, Liang Shaomin, conseiller économique, a expliqué qu’aucune évaluation n’est établie sur le montant possible des pertes, car l’année débute.

Ce dernier a cependant assuré que « pour le moment, je ne pense pas que les échanges commerciaux entre les deux pays vont trop souffrir de cette épidémie. Nous sommes en début d’année et les commerçants ont déjà garni leurs stocks pour deux à trois mois comme à chaque fin de l’année précédente ».

Le diplomate a expliqué que « nous sommes en train de résoudre les problèmes liés à cette maladie. Je ne pense pas qu’elle aurait des conséquences dommageables sur les échanges commerciaux sino-malgaches. S’il y a des pertes substantielles, nous les rattraperons à la fin de l’épidémie ».

Ainsi, les commerçants chinois de Behoririka ont encore des réserves de marchandises pour trois mois, et les détaillants malgaches peuvent aussi remplir leurs stocks. Pour le moment, il n’y aucune pénurie à venir selon l’administration chinoise à Madagascar.

« Les commerçants des provinces se sont beaucoup fournis chez nous pour garnir leurs stocks par crainte des conséquences de cette épidémie », a indiqué un fournisseur chinois à Behoririka, interrogé par Madagascar Tribune.

Malgré les déclarations d’apaisement, certains commerçants s’inquiètent : « nous n’avons pas fait beaucoup de stockage car nous n’ayant pas prévu cette épidémie. Nos stocks dans le container ne suffisent que pour un mois si nous vendons en gros nos produits. Du coup nous avons décidé de les vendre au détail en dépit de pertes éventuelles, pour que nous puissions vendre pendant encore deux ou trois mois. Nous devrions actuellement aller nous fournir en Chine, mais nous ne le pouvons pas. Et pourtant nous serons obligés de régler la location de notre boutique même si nos étagères sont vides au cas où l’annulation des vols vers la Chine serait allongée« , a déclaré un vendeur de vêtements et d’articles de sport au quotidien malgache.

En effet, après la déclaration d’urgence internationale de l’Organisation Mondiale de la santé (OMS), Madagascar, comme beaucoup de pays tels la France, la Russie, les Etats-Unis, et d’autres pays européens, a fermé ses frontières avec la Chine pour éviter la propagation de ce virus.

Le ministère de la Santé publique et du ministère des Transports, du tourisme et de la météorologie a indiqué dans un communiqué que « vu la capacité de résilience limitée de notre système de santé face à un risque d’importation massive de cas, et la difficulté logistique de mettre en quarantaine tous les passagers venant de Chine, l’État malgache a mis en place les mesures préventives à recommander aux compagnies aériennes de ne plus transporter des passagers venant de Chine ou y ayant transité« .

« En cas de violation, la compagnie doit se charger de la mise en quarantaine de ses passagers. De même pour les navires, il est nécessaire de respecter les mesures d’arraisonnement, et de communiquer préalablement toute information concernant l’état de santé des passagers aux ports de partance et de transit », a souligné le communiqué.