« Le financement par la Chine des projets d’infrastructure africains a été utile et continuera de l’être alors que le continent se dirige vers l’intégration », a déclaré Amara Ekeruche lors d’un webinaire organisé par l’Institut sud-africain des affaires internationales (SAIIA) et l’ambassade de Chine en Afrique du Sud.

Amara-Ekeruche, chercheuse en énergie, économie du développement et gestion macroéconomique et fiscale.

Selon Amara Ekeruche, chercheuse au Centre pour l’étude des économies africaines, « les investissements chinois sont importants et comblent une lacune significative en matière de retard dans les infrastructures. Ils se font dans une large mesure dans une situation gagnant-gagnant ».

« Ce n’est pas comme si le gouvernement chinois imposait sa volonté aux pays, les investissements dans les infrastructures sont alignés sur le programme de développement des bénéficiaires. Les investissements, d’après nos recherches, s’avèrent écologiques et abordables », a-t-elle souligné.

La chercheuse a expliqué que les voies ferrées, les ports, les routes et les ports maritimes construits par la Chine « aideraient l’Afrique à réaliser son rêve d’un continent intégré », grâce à l’Accord sur la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA).

« Ils seront utilisés pour transporter des produits fabriqués en Afrique vers d’autres pays africains et promouvoir le commerce et le développement économique. Il y a un transfert de connaissances et ils aident à connecter l’Afrique pour réduire les coûts de transport », a-t-elle indiqué.

Pour Amara Ekeruche, « la Chine continuerait à jouer un rôle majeur dans la coopération au développement puisqu’elle a la capacité, l’industrialisation et l’expérience. Les gouvernements africains considèrent quant à eux leur engagement avec la Chine comme fraternel, amical et horizontal ».

Citée par l’agence de presse, Xinhua, Amara Ekeruche assure que « la Chine n’est pas responsable du surendettement en Afrique puisqu’elle n’est pas le plus gros créancier de l’Afrique », rappelant que la Chine a négocié la dette avec les pays africains au « cas par cas », contrairement aux institutions occidentales qui recourent à l’allègement global de l’endettement.

En effet, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des pays du G20 ont convenu de prolonger de six mois, jusqu’à juin 2021, leur programme de suspension des dettes des pays pauvres, afin de les aider à surmonter la crise du Covid-19.

Lors d’une réunion virtuelle, ils ont affirmé leur engagement de continuer à travailler ensemble pour soutenir les pays les plus pauvres qui sont confrontés aux défis sanitaires, économiques et sociaux liés à la pandémie de COVID-19, selon un communiqué publié par la présidence du G20 qui est assumée actuellement par l’Arabie saoudite.

« Nos efforts collectifs pour maximiser l’assistance internationale aux pays qui en ont besoin sont complétés par l’engagement de 75 milliards de dollars des banques de développement multilatérales aux pays éligibles pour l’ISSD, qui fait partie de leur engagement de 230 milliards de dollars en faveur des pays émergents et à faible revenus, en tant que réponse à la pandémie », a indiqué le ministre saoudien des Finances, Mohammed al-Jadaan, lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion virtuelle.