De notre stagiaire Marie-Loi Cazillac – Dans un rapport, Reuters a indiqué que la répression religieuse au Xinjiang avait empiré et que certaines mosquées ne remplissaient plus leur fonction d’édifice religieux.

Mosquée Id Kah au Xinjiang.

Pendant 12 jours, les journalistes ont mené une enquête dans plus de 20 mosquées situées dans sept comtés du sud-ouest et du centre du Xinjiang, durant la période du ramadan. L’enquête s’est achevée le jeudi 13 mai.

Selon eux, les précédentes affirmations de la Chine, qui déclarait vouloir « protéger les mosquées » et « assurer la liberté religieuse », sont en complète contradiction avec la réalité locale. En effet, la plupart des mosquées visitées auraient été partiellement ou complètement détruites.

Par exemple, la mosquée Jiaman, située dans le comté de Chira, au Xinjiang, est dissimulée derrière de hauts murs et des panneaux de propagande du parti communiste, de sorte que les passants ne se rendent pas compte qu’il s’agit d’un site religieux. Il est désormais impossible de déterminer si cet endroit fonctionne toujours comme une mosquée, selon Reuters.

 « Il n’y a pas de mosquée ici… Il n’y en a jamais eu », a répondu l’un des hommes quand un journaliste a voulu savoir s’il y avait une mosquée à l’intérieur.

Comme il est possible de le constater sur les images satellites datant de 2019, les minarets aux quatre coins de la mosquée ont aujourd’hui disparus. Son dôme a, quant à lui, été remplacé par un énorme objet en métal de couleur bleue.

Ces derniers mois, la Chine a intensifié sa propagande dans les médias étatiques et a organisé des activités touristiques, régulées par le gouvernement, pour réfuter les critiques des chercheurs, des groupes de défense des droits de l’homme et d’anciens résidents du Xinjiang. Ils avaient mis en garde sur le fait que les mosquées étaient également ciblées par la répression du PCC des Ouïghours, qui est majoritairement musulmans.

Des responsables du Xinjiang et de Beijing ont déclaré aux journalistes qu’aucun site religieux n’avait été détruit de force et qu’ils n’avaient imposé aucune restriction. Ils les ont ensuite invités à se rendre sur place et à faire un rapport.

« Nous avons mis en place une série de mesures pour protéger les mosquées », avait déclaré le porte-parole du gouvernement du Xinjiang, Yilijiang Anayiti, à ce sujet l’année dernière.

Le 12 mai, Hua Chunying, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a indiqué que certaines mosquées avaient bien été démolies, mais que d’autres avaient été modernisées et agrandies dans le cadre de la revitalisation des territoires ruraux. Mais les musulmans peuvent toujours exercer librement leur culte chez eux ou dans les mosquées.

Interrogée sur les restrictions imposées par les autorités aux journalistes qui veulent se rendre dans la région, la porte-parole a déclaré que ces derniers devaient s’employer à « gagner la confiance du peuple chinois » et se montrer plus objectifs dans leur travail.