Robert Zoellick, ancien président de la Banque mondiale, a déploré les tensions dans les relations entre la Chine et les Etats-Unis, craignant un risque pour l’ordre mondial.

Le vice-premier ministre Li Keqiang lors d’une réunion avec Robert Zoellick, le président de la Banque mondiale, à Pékin, en février 2012

Selon lui, les relations entre la Chine et les Etats-Unis glissent vers un terrain dangereux, avec des risques importants de confrontation militaire et des impact potentiellement désastreux pour l’ordre mondial.

Cependant, Robert Zoellick, ancien président de la Banque mondiale, espère que les deux pays prennent du recul et apprennent à mieux coexister. Il a expliqué que les États-Unis doivent faire un meilleur travail avec la Chine, en la considérant telle qu’elle est, plutôt que ce que Washington voudrait qu’elle soit.

Robert Zoellick connait bien le dossier « Chine », car il a occupé des postes de direction à la Maison Blanche, aux départements d’État et du Trésor et au Bureau du commerce américain. Pour ce dernier, les relations complexes entre la Chine et les Etats-Unis vienne de la vieille vision américaine selon laquelle la Chine rejoindrait finalement l’ordre libéral occidental.

«La relation en ce moment est en chute libre. C’est assez dangereux», a assuré ce dernier, lors d’un événement sponsorisé par le Peterson Institute for International Economics. «Les gens doivent être conscients que des erreurs de calcul peuvent survenir et que des problèmes avec Taïwan et d’autres peuvent se déplacer vers une zone de danger.»

«J’espère que les gens ne prendront pas pour acquis certaines des choses qui ont été accomplies avec la Chine», a-t-il ajouté. «L’hostilité américaine semble presque plus vive parce qu’il y a un sentiment de rejet. Il est toujours utile de reconnaître la Chine telle qu’elle est plutôt que de la manière dont nous voudrions qu’elle soit», a souligné ce dernier.

D’ailleurs, Robert Zoellick a indiqué que la Chine a généralement mieux adhéré aux règles du commerce mondial que les autres pays en développement, mais a été déficiente dans des domaines vaguement définis tels que la protection de la propriété intellectuelle et le transfert de technologie forcé, a déclaré l’ancien négociateur commercial.