L’Arabie saoudite et la Chine ont signé par le biais de leurs ministères de l’Éducation un protocole d’accord, prévoyant de fournir aux Saoudiens du matériel d’apprentissage de la langue chinoise ainsi que des instructeurs chinois chargés d’enseigner la langue et la littérature de leur pays dans les établissements scolaires publics.

Outre la formation des enseignants saoudiens à la langue et aux méthodes d’enseignement du chinois, le protocole d’accord prévoit de les initier à la culture chinoise via un programme de formation dispensé dans tous les établissements d’enseignement.

« Nous sommes tous conscients que la langue chinoise s’impose à l’échelle internationale. Cette tendance se retrouve également dans les pays développés, où les politiciens ne cachent pas leur fierté de voir leurs fils et leurs filles parler la langue chinoise », a affirmé Mohammed Assiri, professeur adjoint de droit commercial international à l’université du roi Abdelaziz.

« Le chinois aura un impact considérable à l’avenir. En effet, le prince héritier, Mohammed ben Salmane, a décidé d’inclure la langue chinoise dans les programmes d’enseignement. Cette décision souligne l’importance de cette langue », a indiqué ce dernier à ArabNews.

Mohammed Assiri est titulaire d’un doctorat de l’université des sciences politiques et du droit de Chine. Il a expliqué à Arab News que « l’apprentissage du chinois renforcera les relations ainsi que la coopération économique et commerciale entre les deux pays ».

« Le Royaume s’impose comme le premier partenaire commercial de la Chine en Asie occidentale et en Afrique. La Chine, quant à elle, est le plus grand importateur de pétrole saoudien. De nombreuses entreprises chinoises ont récemment afflué au Royaume. Elles y voient un environnement propice aux affaires, comme le veut la Vision 2030 du Royaume. L’apprentissage du chinois élargit donc les perspectives de coopération avec ces entreprises et améliore les connaissances et la communication culturelle entre les deux pays », souligne-t-il.

Il a expliqué que « le Royaume a investi dans son peuple. Il a envoyé ses citoyens en Chine pour apprendre le chinois et se spécialiser dans divers domaines. Le moment est venu de profiter du savoir-faire et des expériences que ces cadres transmettront à leurs concitoyens. Ils élaboreront par ailleurs une stratégie nationale destinée à enseigner le chinois avec l’appui des nouvelles technologies mondiales. Cette stratégie respectera en outre l’identité et la culture de l’Arabie saoudite, permettant ainsi d’obtenir les meilleurs résultats ».

De son côté, Bowen Li, enseignant de chinois à l’université du roi Abdelaziz, a indiqué dans un entretien accordé à Arab News que le chinois fait partie des six langues officielles utilisées par les Nations unies. Près de 20% de la population mondiale parle cette langue, selon lui.

« Le chinois attire de plus en plus d’étudiants. Le président, Xi Jinping, a été très clair à ce sujet: la langue reste le meilleur moyen de comprendre un pays. En apprenant le chinois et en prenant part au programme Chinese Bridge, les étudiants pourront découvrir une Chine riche, plurielle et exhaustive » a souligné ce dernier.

Pour Abir al-Ghamdi, étudiant le chinois à l’université du roi Abdelaziz, a dit penser que « le chinois deviendra la principale langue à l’avenir ». « Apprendre la langue chinoise et travailler dans le secteur de l’économie chinoise lui ouvrira une multitude d’opportunités d’emploi dans les domaines de la traduction, de l’éducation et du tourisme », selon elle.

« En apprenant le chinois, vous aurez plus de chances de trouver un emploi, mais aussi d’obtenir une licence dans l’université de votre choix en Chine. C’est un rêve qui se réalise pour moi. De plus, on peut apprendre à connaître la Chine et ses habitants ainsi que sa culture et sa civilisation historiques. Nous pourrons également partager notre culture avec son peuple ».