L’ancien directeur d’Interpol, qui avait disparu en 2018, a été condamné à 13 ans et demi de détention pour « corruption« . Il ne fera pas appel.

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Le verdict met fin à une affaire déclenchée en septembre 2018, lorsque Meng Hongwei disparaît du siège lyonnais de l’organisation policière mondiale. Son épouse avait alors alerté la police française.

Il faudra attendre une dizaine de jours pour que le gouvernement chinois annonce à Grace Meng, que son mari est rentré en Chine où il a été placé en détention, car soupçonné de corruption.

Jugé en juin 2019, Meng Hongwei avait plaidé coupable d’avoir accepté 14,46 millions de yuans (1,86 million d’euros) de pots-de-vin.

Peu de détails ont été divulgués par la justice et les médias, mais les faits qui lui ont été reprochés n’ont aucun lien avec ses activités à la tête d’Interpol.

En effet, l’homme de 66 ans était à la fois directeur d’Interpol et vice-Ministre de la Sécurité publique. Condamné pour « corruption », il devra également payer une amende de 2 millions de yuans (environ 260.000 euros), d’après le Tribunal populaire intermédiaire n°1 de Tianjin.

Cette affaire aura entaché l’image des autorités chinoises, qui avaient tout fait pour placer un de ses haut responsable à la tête d’Interpol, en 2016. Mais elle aura aussi provoqué des tensions entre la Chine et la France.

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L’épouse de Meng Hongwei avait affirmé en 2019 avoir été victime d’une tentative d’enlèvement. Elle avait alors, selon son avocat, obtenu l’asile politique en France. Elle fait désormais l’objet d’une protection policière. La Chine avait à l’époque adressé une mise en garde à Paris, dénonçant « un abus total de la procédure française » si l’asile politique lui était effectivement accordé.

Meng Hongwei avait pris la tête d’Interpol en novembre 2016, et aurait dû y rester jusqu’en 2020. Sa nomination avait suscité l’inquiétude des organisations de défense des droits de l’homme, qui craignaient que Beijing ne l’utilise pour mettre la main sur des dissidents chinois installés à l’étranger.

Meng Hongwei est un parmi plusieurs autres haut dirigeant communiste à tomber à cause de la campagne anti-corruption lancée en 2013 par le président Xi Jinping. Elle a déjà sanctionné au moins 1,5 million de cadres du Parti communiste au pouvoir, selon des chiffres officiels.

Très populaire auprès d’une opinion publique lassée de la corruption, cette opération « mains propres » est également soupçonnée de servir à condamner les opposants internes à la ligne du chef de l’Etat chinois.

Lors de son arrestation, Beijing avait annoncé qu’il était poursuivi dans le cadre d’une campagne destinée à « éliminer complètement l’influence pernicieuse » de Zhou Yongkang, l’ancien chef des services de sécurité, condamné en 2015 à la prison à vie pour corruption.

Zhou Yongkang est d’ailleurs celui qui avait nommé Meng Hongmei à son poste de vice-ministre en 2006. A ce poste, Meng Hongmei avait eu la charge de dossiers sensibles, comme la gestion des services anti-terroristes et la réponse à la violence dans la région du Xinjiang.