L’épouse de l’ex-président d’Interpol, Meng Hongwei, détenu actuellement pour corruption, a obtenu l’asile politique en France, a annoncé son avocat le 13 mai. De son côté, le gouvernement chinois a dénoncé une violation des procédures légales.

«Si la femme de Meng Hongwei déposait une demande d’asile politique en France, cela constituerait un abus total de la procédure française», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Geng Shuang.

«Une bonne confiance politique est la base d’un développement stable et sain des relations sino-françaises. Nous espérons que dans ce cas, tant la Chine que la France pourront traiter cette affaire conformément à la loi et de façon appropriée, sur la base d’une bonne coopération», a poursuivi Geng Shuang.

Revenant sur les poursuites contre Meng Hongwei, Geng Shuang a estimé qu’il s’agissait «d’une affaire criminelle classique». «Ce n’est pas une affaire politique, et encore moins une soi-disant persécution politique», a-t-il assuré.

L’avocat, de l’épouse de l’ex-président d’Interpol, a pourtant indiqué que la femme avait déjà obtenu ce statut au début du mois de mai. Près de huit mois après la disparition de son mari, le statut de réfugié a été accordé à Grace Meng et ses deux enfants «le 2 mai», avait précisé Me Emmanuel Marsigny.

Craignant pour sa sécurité, Grace Meng fait l’objet d’une protection policière avec ses enfants, depuis une tentative d’enlèvement pour laquelle elle avait déposé plainte début 2019.

La «disparition» de Meng Hongwei en septembre 2018 avait fait du bruit. Le patron d’Interpol n’avait pas donné de nouvelles après avoir quitté Lyon, où l’organisation policière internationale a son siège.

Au bout d’une dizaine de jours, le gouvernement chinois avait annoncé que Meng Hongwei, également vice-ministre de la Police dans son pays, était rentré en Chine, où il était soupçonné de corruption.

Il a depuis été inculpé pour avoir accepté des pots-de-vin. À la suite d’une enquête, les procureurs «ont décidé d’arrêter Meng Hongwei», avait indiqué en avril le Parquet populaire suprême dans un communiqué. Grace Meng a récemment estimé que les autorités chinoises n’ont présenté «quelque preuve que ce soit à l’appui de leurs allégations».