jeudi, février 15

L’huile de la fondue chinoise pourrait faire décoller les avions

L’huile usagée des restaurants de fondue chinoise est actuellement récupérée, raffinée puis expédiée pour être transformée en carburant durable pour l’aviation. En effet, la Chine ne mise beaucoup sur l’huile dans les rouages de la transition énergétique.

Chengdu, capitale de la fondue chinoise

Dans la capitale chinoise de la fondue chinoise, Chengdu, les restes connaissent une deuxième vie comme carburant pour avions. Chaque année, les établissements de Chengdu, chef-lieu de la province du Sichuan, où la fondue est une fierté régionale, produisent 150.000 tonnes de déchets issus de ce liquide rouge et graisseux.

Une aubaine pour l’entreprise locale de Jinshang, qui traite cette huile. Après le filtrage de la fondue, il est exporté avant d’être transformé en carburant pour l’industrie aérienne. «Notre devise, c’est: que l’huile usagée s’envole vers les cieux!», a indiqué Ye Bin, le patron de Jinshang.

Cette entreprise produit tous les ans jusqu’à 150.000 tonnes d’huile de qualité industrielle, à partir de la matière grasse issue des bouillons de fondues, mais aussi d’autres établissements de Chengdu, dont les enseignes de restauration rapide KFC.

Tous les soirs, les agents de collecte de Jinshang partent en tournée dans des centaines de restaurants de la ville. Dès le départ des clients, les serveurs déversent les bouillons dans un filtre, afin de séparer l’huile de l’eau. Ils récupèrent ensuite les jerricanes de liquide âcre.

Des montagnes de déchets

Ce liquide est ensuite acheminé vers l’usine de Jinshang, où il est déversé dans d’immenses cuves avant de subir un processus de raffinage permettant d’éliminer l’eau et les impuretés restantes. Ainsi ce liquide devient une huile de qualité industrielle, couleur jaune clair. Ce produit est alors exporté vers des clients basés principalement en Europe, aux États-Unis et à Singapour. Ce sont eux qui le transforment en «carburant durable d’aviation» (CDA).

Ce type de carburant peut réduire l’empreinte carbone du secteur aérien, qui représentait 2% des émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) liées à la consommation d’énergie en 2022, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Les CDA représentent cependant moins de 0,1% des carburants utilisés actuellement par les avions. Cela s’explique par les coûts de traitement et le faible nombre de fournisseurs.

Au prix d’une «augmentation massive de la production», ils pourraient cependant «contribuer à hauteur d’environ 65% à la réduction des émissions nécessaire pour que le secteur de l’aviation atteigne zéro émission nette en 2050», selon l’Association internationale du transport aérien (Iata). la société Jinshang ambitionne désormais de construire sa propre installation de production de CDA.

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