L’initiative «Une Ceinture, une Route» verte constitue une pratique importante pour le gouvernement chinois pour promouvoir la construction d’une civilisation écologique mondiale, en fournissant davantage de biens publics écologiques aux pays et aux régions situés le long du parcours de l’initiative.

La Banque industrielle et commerciale de Chine (ICBC, la plus grande banque de Chine) a abandonné un plan de financement d’une centrale à charbon au Zimbabwe pour des raisons environnementales. Cette décision a été prise afin de contribuer au progrès écologique de l’Initiative des nouvelles Routes de la soie.

D’après un rapport de l’agence Bloomberg, la Banque industrielle et commerciale de Chine a annoncé au groupe environnemental Go Clean ICBC, qu’elle ne financerait pas cette centrale, dont la valeur devait atteindre les 3 milliards de dollars US (2,5 milliards d’euros). Le projet devait avoir une capacité de 2800 mégawatts et se situer dans le nord du Zimbabwe.

He Wenping, directeur de la section d’études sur l’Afrique à l’Institut des études d’Asie de l’Ouest et d’Afrique (affilié à l’Académie des sciences sociales de Chine), a expliqué que les projets de développement de la Chine se concentrent de plus en plus sur la durabilité, plutôt que sur les effets à court terme, et tentent de réduire leur impact environnemental.

«Il y a eu un changement d’état d’esprit parmi les législateurs de Chine en ce qui concerne les plans de développement, notamment depuis que l’objectif de la neutralité carbone a été avancé. […] Il y a désormais une tendance à rendre les projets plus verts, pas seulement en Chine mais également dans les autres pays», a expliqué ce dernier.

Récemment, la Banque populaire de Chine (BPC, la banque centrale) a annoncé avoir publié un plan d’évaluation de la finance verte pour les institutions financières. Ce plan s’ajoute à des outils de gestion prudentielle établis pour faire face à ces nouveaux enjeux.

Les banques institutionnelles de Chine, dont la Banque de développement de Chine et la Banque d’exportation et d’importation de Chine, entreprennent des projets de financement dans d’autres pays. Ces banques seront également évaluées, afin de correspondre au plan environnemental de la Banque Populaire de Chine.

Liang Haiming, le président de l’Institut de recherche iValley des nouvelles Routes de la soie, a indiqué que la Chine est de plus en plus consciente de l’importance de ses politiques financières vertes et sera plus attentive quant à la nature des projets auxquels elle prête de l’argent. Selon lui, il reste cependant encore des défis pour rendre les nouvelles Routes de la soie plus vertes.

«Pour un grand nombre de pays d’Afrique, les prêts de la Chine sont par exemple une source importante pour les projets d’infrastructures. […] Parfois, les projets plus verts impliquent des coûts plus élevés et un délai plus long pour passer l’examen initial du gouvernement. Cela augmentera probablement les difficultés pour planifier et exécuter les projets infrastructurels dans les pays en développement», a souligné Liang Haiming.

Ce dernier a expliqué que «sur le long terme, une telle transition politique bénéficiera aux pays des nouvelles Routes de la soie, pas seulement sur le plan de la durabilité, mais également car cela engendrera plus d’opportunités de coopération avec les autres pays».

«La politique plus verte des nouvelles Routes de la soie entreprise par la Chine forcera les pays à mettre à niveau leurs normes environnementales en matière de projets infrastructurels. Un grand nombre de pays en Occident ont subi une pression pour ne pas prêter aux projets qui pourraient augmenter le réchauffement mondial ou avoir une autre influence négative. La transition de la Chine laissera plus de place à la coopération de projets avec des pays tiers dans des endroits comme l’Afrique», a assuré ce dernier.