jeudi, mai 23

L’Italie se retire des nouvelles routes de la soie

En 2019, l’Italie était le seul pays du G7 à participer au programme d’investissements de la Chine. Après avoir émit des doutes durant plusieurs jours, le gouvernement italien a décidé de se retirer de l’Initiative La Ceinture et la Route.

Le chef de la diplomatie italienne, Antonio Tajani, a estimé que les controversées Nouvelles routes de la soie n’avaient pas apporté les bénéfices escomptés à la troisième économie de la zone euro.

Ce dernier a déclaré avant son départ pour la Chine que « nous voulons continuer à travailler étroitement avec la Chine mais nous devons aussi faire une analyse des exportations: la Route de la soie n’a pas produit les résultats que nous espérions ».

Le ministre italien a indiqué au forum économique organisé par The European House – Ambrosetti à Cernobbio, sur les rives du lac de Côme que « les exportations de l’Italie vers la Chine en 2022 se sont montées à 16,5 milliards d’euros, celles vers la France à 23 milliards et celles vers l’Allemagne à 107 milliards ».

Le seul pays du G7 à s’y lancer

Faisant face à une dette publique considérable, l’Italie est devenue en 2019 le seul pays du G7 à participer à ce programme d’investissements massifs de la Chine. L’Initiative La Ceinture et la Route est un projet ambitieux de la Chine, lancé sous l’impulsion du président Xi Jinping.

Il vise à améliorer les liaisons commerciales entre l’Asie, l’Europe, l’Afrique et même au-delà par la construction de ports, de voies ferrées, d’aéroports ou de parcs industriels. L’accord italo-chinois se renouvelle automatiquement en mars 2024 sauf si l’Italie décide d’en sortir d’ici fin 2023.

Antonio Tajani s’est rendu du 3 au 5 septembre à Pékin pour rencontrer les autorités chinoises et préparer une visite envisagée de la cheffe du gouvernement Giorgia Meloni en octobre destinée, selon des experts, à formaliser le retrait de l’Italie du projet.

Ce retrait a «déjà été accepté en principe par les autorités chinoises. La première ministre Meloni en fera l’annonce officielle lors de son voyage en Chine, attendu à la mi-octobre, en signe de respect pour les dirigeants chinois», a analysé dans une note Lorenzo Codogno, ancien économiste en chef du Trésor italien.

Le parlement italien, a souligné Antonio Tajani, «devra faire une évaluation et décider de renouveler ou non notre participation à ce projet». «Nous voulons avec la Chine un rapport solide en sachant bien que c’est un partenaire mais aussi un concurrent, un rival systémique», a-t-il dit, regrettant notamment que les Européens «aient laissé trop d’espace aux intérêts chinois» en Amérique du sud.

L’Italie enterre sa participation

La participation de l’Italie « n’a pas produit les résultats que nous espérions », a estimé le chef de la diplomatie italienne, Antonio Tajani. Pour le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni, les bénéfices économiques sont bien trop faibles au regard du coût politique d’un rapprochement avec la Chine. 

Les investissements promis dans les ports de Trieste et de Gênes n’ont rien donné de concret. Les exportations italiennes vers la Chine ont un peu augmenté, passant de 11 à plus de 16 milliards d’euros, mais les exportations chinoises vers l’Italie ont, été multipliées par deux et dépassent les 50 milliards d’euros.

De plus, Rome estime que la Chine soutient la Russie dans sa guerre en Ukraine et préfère se rapprocher des Etats-Unis, qui n’a pas de bonnes relations avec la Chine.

Ce retrait des routes de la soie était prévu. Le prédécesseur de la Première ministre Giorgia Meloni, Mario Draghi, avait utilisé le droit de blocage du gouvernement pour empêcher tout investissement chinois dans les secteurs jugés stratégiques.

La Chine n’est pas surprise de ce retrait, mais la Première ministre italienne doit composer avec les autorités chinoises, qui pourrait prendre des mesures de rétorsions, notamment contre le secteur du luxe. Giorgia Meloni fera donc le déplacement en personne, mi-octobre, en Chine pour expliquer sa décision.

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