Créé le 15 juin 2001 à Shanghai, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) est un mécanisme « garantissant la stabilité et la sécurité en Eurasie, après des années de développement ».  

Composée de la Chine, du Kazakhstan, du Kirghizstan, de l’Ouzbékistan, de la Russie et du Tadjikistan, qui en sont les membres fondateurs, cette organisation intergouvernementale comprend également des États observateurs avec l’Afghanistan (depuis 2012), l’Inde (2005), l’Iran (2005), la Mongolie (2004) et le Pakistan (2005). De leurs côté, la Biélorusse, le Sri Lanka et la Turquie sont des pays partenaires au sein des discussions.

Une organisation aux thématiques larges

L’OCS remplace le « Groupe de Shanghai » (ou Shangai Five), installé en 1996, afin d’améliorer les relations entre voisins et notamment résoudre les conflits territoriaux et faciliter la coopération économique régionale.

L’OCS « peut se prévaloir d’un potentiel impressionnant. Les territoires des pays membres correspondent à 60% de la superficie du continent, et leur population représente de la population de la planète », explique SputnikNews. D’après l’agence officielle russe, « l’OCS s’apparente à l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) ».

A la différence que l’OCS « n’est ni une alliance militaire, ni une conférence ouverte à tous sur des problèmes de sécurité », mais une organisation dont « la problématique est très large et diversifiée, allant de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme aux problèmes humanitaires ».

L’agence révèle également que « le principal intérêt de l’OCS pour la Russie est d’être un outil de sécurisation de l’Asie centrale », alors que « la Chine attache une importance tout aussi grande à l’exploitation économique de la région. Or, on sait que l’économie est mue par la compétition des intérêts ».

La sécurité dans la région, une priorité pour certains

Onze ans après sa mise en place, les pays membres vont de nouveau se réunir les 6 et 7 juin à Beijing, afin de consolider leur plan commun de développement stratégique.

A cette occasion, les dirigeants ont adopté une nouvelle version du règlement des mesures politiques et diplomatiques et des mécanismes de réaction face aux situations menaçant la paix, la sécurité et la stabilité dans la région.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a expliqué à l’agence de presse chinoise, Xinhua, que « les leaders de nos pays signeront une Déclaration pour une région de paix durable et de prospérité commune ». Ainsi qu’un « document sérieux et conceptuel« , intitulé « Les Principales orientations de la stratégie de développement à moyen terme pour l’OCS (qui, ndlr) sera soumis aux chefs d’État ».

Pour sa part, le président russe, Vladimir Poutine, a proposé la création d’un centre universel de lutte antiterroriste au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). « On peut réussir dans cette direction si l’on met en place un centre universel de lutte contre le terrorisme, la drogue et le crime organisé », a déclaré le chef de l’Etat russe lors du sommet de l’OCS de Pékin.

Rappelant l’existence d’un centre de lutte antiterroriste, Vladimir Poutine a assuré que les pays membres de l’OCS « pourraient rendre cette organisation universelle et lui attribuer des fonctions de lutte antidrogue », ajoutant que l’ensemble des dirigeants « avaient conscience de l’importance de la lutte antidrogue. »   

Développer la coopération économique

Les présidents des pays membres fondateurs de l’Organisation de Coopération de Shanhghai

Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Cheng Guoping, a indiqué de son côté que « l’organisation s’était développée, passant des objectifs de base de lutte contre le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme à une coopération globale ».

Le président chinois Hu Jintao a appelé à faire de l’OCS « une plate-forme efficace pour renforcer ses échanges et son influence sur la scène internationale ». Dans son discours, le président chinois a rappelé les intérêts communs des pays membres et le « large consensus sur les affaires internationales et régionales majeures » acté entre chaque États.

Raison pour laquelle, « nous devons renforcer les consultations avec les organisations internationales et régionales par l’intermédiaire de cette plate-forme pour préserver la paix, promouvoir le développement et faire progresser la multipolarisation du monde et la démocratisation des relations internationales. »

Acteur principal de cette institution, la Chine a accordé un prêt de 10 milliards de dollars (plus de 8 milliards d’euros) aux pays membre afin de « soutenir la coopération économique au sein de l’OCS » et « promouvoir le développement des pays membres de l’OCS ».

Le président chinois a également annoncé l’aide à la formation de 1 500 experts, le dons de 30 000 bourses d’études et l’invitation de 10 000 professeurs et étudiants des Instituts Confucius à venir en Chine pour étudier ou mener des travaux de recherche au cours de la prochaine décennie. De son côté, l’Empire du milieu veut faire de « l’OCS une force motrice du développement économique régional. »