Les gouvernements de l’Union européenne ont exprimé le 29 mai leur « vive inquiétude » concernant la loi de l’Assemblée populaire nationale sur la sécurité de Hong Kong, a déclaré le diplomate européen Josep Borrell après une vidéoconférence des 27 ministres des Affaires étrangères du bloc.

« Nous pensons que cela risque sérieusement de saper le principe d’un seul pays, de deux systèmes », a déclaré Borrell, se référant à l’autonomie de Hong Kong. « Notre relation avec la Chine est basée sur le respect et la confiance mutuels, mais cette décision remet cela en question », a-t-il précisé lors d’une conférence de presse.

Le parlement chinois (APN) a approuvé le 28 mai une décision législation pour Hong Kong dont les militants pour la démocratie, les diplomates et certains acteurs du monde des affaires craignent de compromettre son statut semi-autonome et son rôle de plaque tournante financière mondiale.

« L’autonomie de Hong Kong a vraiment été affaiblie par cette décision », a déclaré Josep Borrell. Dans une déclaration commune, les gouvernements de l’UE ont affirmé que la décision « remet également en question la volonté de la Chine de respecter ses engagements internationaux ».

La déclaration de l’UE fait suite à une réprimande formelle de la Grande-Bretagne, qui a rétrocéder Hong Kong à la Chine en 1997, avec les États-Unis, l’Australie et le Canada dans un communiqué le 28 mai.

Lors de cette vidéoconférence, les ministres des affaires étrangères de l’UE ont convenu de durcir leur stratégie à l’encontre de la Chine pour contrer la diplomatie chinoise dans le monde et en Europe.

Au milieu des critiques européennes sur la gestion par Beijing de l’épidémie de coronavirus, les ministres dit avoir « besoin et nous sommes prêts à avoir un dialogue ouvert et honnête avec la Chine », a déclaré le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell.

« Il y a un manque de progrès dans les négociations (sur l’accès au marché pour les entreprises européennes en Chine) », a déclaré ce dernier, qui a indiqué que le bloc allait maintenant préparer un nouveau document de stratégie de l’UE sur la Chine.

L’UE tente ainsi de trouver une alternative entre la rivalité américano-chinoise, mais le bloc est également divisé en interne sur la Chine.

Des diplomates de haut niveau ont déclaré à l’agence de presse Reuters qu’il y avait une frustration croissante face à l’absence de respect vis-à-vis de l’accord d’avril 2019 selon lequel la Chine accorderait un large accès aux marchés dont jouissent les entreprises chinoises en Europe.