Le Canada se concerte avec ses partenaires de la communauté internationale pour établir si le mot «génocide» s’applique au traitement réservé par la Chine à sa minorité ouïghoure, a déclaré Justin Trudeau, Premier ministre du Canada.

Actuel Premier ministre du Canada, Justin Trudeau

«Je peux vous assurer que le Canada prend très au sérieux ces allégations et qu’on travaille avec nos partenaires et la communauté internationale pour déterminer si ça s’applique effectivement » au cas des Ouïghours, comme le suggèrent « plusieurs personnes et institutions crédibles», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

«Ce mot génocide est […] extrêmement important et chargé dans la communauté internationale et la loi internationale», a estimé Justin Trudeau. « Il ne fait aucun doute que d’énormes violations des droits de l’homme ont été signalées das le Xinjiang», dans l’Ouest de la Chine, a ajouté le Premier ministre du Canada.

«Et nous sommes extrêmement préoccupés par cela et avons souligné nos inquiétudes à de nombreuses reprises», a assuré ce dernier.

Des experts et des organisations de défense des droits de l’Homme accusent la Chine d’avoir fait interner jusqu’à un million d’Ouïghours et d’autres musulmans turcophones dans des camps de rééducation politique du Xinjiang.

La Chine dément ce chiffre et affirme que ces personnes sont emmenées dans des centres de formation professionnelle, afin de les aider à trouver un emploi et de les éloigner de la tentation de l’extrémisme religieux.

Peu avant la prise de fonctions de Joe Biden, les Etats-Unis de Donald Trump ont accusé la Chine de commettre un «génocide» contre les musulmans ouïghours.

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Les relations entre le Canada et la Chine sont tendues depuis l’arrestation fin 2018 de l’ex-diplomate canadien Michael Kovrig et de son compatriote Michael Spavor, quelques jours après celle de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, à l’aéroport de Vancouver.