Les autorités vietnamiennes commencent à s’impatienter des actions de Beijing dans l’archipel des Spratleys, revendiqué par les deux pays. Dans des communiqués de presse virulent, les autorités ont adressé deux avertissements en une semaine à la Chine.

La tension monte depuis le début de l’année. Le dernier événement fort entre les deux pays remontent à mai 2014, lorsque la Beijing entreprend un forage d’exploration pétrolier près des îles Paracels, à l’intérieur de la zone économique exclusive revendiquée par le Vietnam.

L’affaire a provoqué des manifestations anti-chinoises au Vietnam, au départ soutenues par le gouvernement, elles vont vite dégénérés en émeutes. Des entreprises chinoises ont été saccagées et deux ressortissants chinois ont trouvé la mort. En réponse, un bateau de pêche vietnamien a été éperonné et coulé par un navire chinois, sans faire de mort.

Deux communiqués incisifs

Le pays accuse les chinois de « menacer la paix » en envoyant des avions civils sur une des îles du récif « Fiery Cross« , situées en mer de Chine méridionale. Dans un premier communiqué, daté du 3 janvier, Hanoï « a protesté avec véhémence contre un vol d’essai effectué le 2 janvier par la Chine sur une piste d’atterrissage que ce pays a fait illégalement construire sur le récif de Chu Thâp (récif de Ferry Cross) relevant de l’archipel vietnamien Truong Sa (Spratleys)« .

Pour le porte-parole du ministère vietnamien des affaires étrangères, Lê Hai Binh, « la Chine a porté gravement atteinte à la souveraineté du Vietnam sur l’archipel de Truong Sa ». Ces vols sont – selon ce dernier – « contraire aux idées communes des hauts responsables des deux pays », réunies dans un accord sur « les principes directeurs fondamentaux guidant le règlement de la question en Mer Orientale comme à l’esprit de la Déclaration de 2002 sur la conduite des parties en Mer Orientale« , a souligné Lê Hai Binh.

Il est clair que le Vietnam a décidé de hausser le ton : « cet agissement a sapé la paix et la stabilité en Mer Orientale, érodé la confiance politique bilatérale et négativement influencé les relations de voisinage comme les bons sentiments entre les deux peuples ».

« Le Vietnam demande à la Chine de mettre fin immédiatement, de ne pas répéter des agissements similaires, de prendre des actes pratiques et spécifiques pour contribuer au maintien de la paix, de la stabilité, de la sécurité, de la sûreté, de la liberté de navigation maritime et de survol dans cette zone maritime« , a déclaré le diplomate.

Dans le second communiqué du 8 janvier, les autorités ont affirmé que « l’acte de la Chine mentionné ci-dessus a porté gravement atteinte à la souveraineté du Vietnam sur l’archipel de Truong Sa, menacé la paix et la stabilité dans la région ainsi que la sécurité, la sûreté et la liberté de la navigation maritime et aérienne en Mer Orientale« .

« La Chine possède une souveraineté incontestable »

De son côté, le ministère chinois des affaires étrangères a indiqué le 7 janvier, que « les travaux se sont achevés pour un nouvel aéroport sur Yongshu Jiao des îles Nansha de la Chine« . Concernant le vol d’essai contesté par Hanoï, le porte parole du ministère, Hong lei, a précisé que cet essai « que le gouvernement chinois y a effectué par le biais d’un avion civil avait pour objectif de voir si les installations dudit aéroport sont en conformité avec les normes de l’aviation civile ».

« Les activités concernées relèvent parfaitement de la souveraineté chinoise« , a assuré ce dernier, ajoutant que « la Chine possède une souveraineté incontestable sur les îles Nansha et ses eaux adjacentes. Elle n’accepte pas les accusations infondées du Viet Nam ».

« À l’heure actuelle, les relations sino-vietnamiennes affichent dans leur ensemble une bonne dynamique de développement. Nous espérons que la partie vietnamienne pourra travailler dans le même sens que nous et prendre des actions concrètes pour un développement sain et régulier des relations bilatérales entre nos deux pays« , a conclu le porte-parole du ministère, lors d’une conférence presse.

De nombreux courriers envoyés

Ce dimanche 10 janvier, l’Autorité de l’aviation civile du Vietnam (CAAV) a envoyé une lettre similaire à celle du ministère vietnamien des Affaires étrangères, protestant contre « les graves atteintes chinoises à la souveraineté vietnamienne sur l’archipel de Truong Sa (Spratly) », note le communiqué publié sur LeCourrier.vn

Pour avoir plus de poids, la CAAV a fait appel à toutes les organisations dans le secteur de l’aviation, ainsi qu’à une centaine de compagnies aériennes, pour « demander une coopération afin de protester contre les opérations d’avions chinois menaçant la sécurité aérienne ».

La CAAV affirme que « ces vols chinois ont menacé la sécurité des lignes aériennes internationales en Mer Orientale établies ». Les vols chinois menaceraient la circulation aérienne, car les plans de vol ne sont pas communiqués aux tours aériennes voisines, ni les « nombreux itinéraires différents ».