Les prix à la production en Chine ont connu en octobre leur premier repli depuis 2020, selon les chiffres du Bureau d’État des statistiques, maquant un affaiblissement de la demande dans la seconde puissance économique mondiale en raison des restrictions sanitaires.

Première touchée par l’épidémie de Covid-19, la Chine est la dernière grande économie à poursuivre une stratégie « zéro tolérance » contre le coronavirus, en raison notamment d’un faible taux de vaccination des personnes âgées.

Cette politique sanitaire entraîne des dépistages quasi quotidiens de la population, des quarantaines obligatoires pour les personnes testées positives ou encore des confinements dès l’apparition de cas.

Ces mesures représentent un coût économique et génèrent beaucoup d’incertitudes, mais elles sont surtout un frein à l’activité et à la consommation. D’autant plus que la Chine traverse une crise sans précédent dans l’immobilier, historiquement pilier de la croissance chinoise.

Dans ce contexte, l’indice PPI, qui mesure le coût des marchandises sorties d’usine, était en octobre 2022, en baisse de 1,3% sur un an, selon le Bureau d’Etat des statistiques (BES). Ce chiffre se retrouve dans le rouge pour la première fois depuis décembre 2020 que cet indice .

En septembre 2022, les prix avaient encore progressé de +0,9% sur un an, mais déjà à leur rythme le plus faible depuis 2021. Lorsque cet indice est en baisse, cela traduit généralement une faible demande et des marges réduites pour les entreprises.

En parallèle, « les prix à la production resteront négatifs ces prochains mois et une grande partie de 2023 », a indiqué à Reuters, l’analyste Julian Evans-Pritchard, du cabinet Capital Economics. Celui-ci a prévenu d’une baisse des cours mondiaux des matières premières.

Ainsi, le coût de l’extraction de charbon était en repli de 16,5% sur un an le mois dernier, selon le BES. Or la Chine est très dépendante de cette énergie fossile pour alimenter ses centrales électriques, et notamment faire face aux récentes pénuries d’électricité.

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De son côté, l’indice des prix à la consommation, principale jauge de l’inflation, est en hausse en octobre de 2,1% sur un an, après 2,8% un mois plus tôt. Ces données s’expliquent par la hausse du prix des produits alimentaires, notamment celle du porc qui a bondi en octobre de 51,8% sur un an. Globalement, la hausse des prix dans l’alimentaire s’est atténuée en octobre et « la faiblesse de l’économie a limité l’inflation », a indiqué Julian aEvans-Pritchard.