Dans les écritures figuratives chinoises, le YI (changement) s’écrit comme 易, composé d’un soleil et de la lune dessus et dessous. Ainsi, il représente le changement entre la journée et la nuit, une évolution régulière entre le Yin et le Yang, car la lune fait le Yin, le soleil fait le Yang dans sa culture millénaire.

Or le Yijing remonte à plus de 7 000 ans, du temps des nœuds de paille, bien avant la création de l’écriture. Il est donc considéré comme le plus ancien texte chinois, et l’ouvrage fondamental de la pensée chinoise. Ce livre sage explique, de manière simple, l’évolution du monde, de la vie, à travers une analyse de l’enjeu et de la vision des oracles, parfois fanatique.

Liu Yunsheng, directeur de l’Institut Confucius d’Abidjan, en plein cours sur le Yi jing

Liu Yunsheng, directeur de l’Institut Confucius d’Abidjan, en plein cours sur le Yi jing

Cet ouvrage se caractérise par la simplification de la vie, concentré entre le Yin et le Yang. Il évoque également l’évolutions de ces deux éléments qui donnent lieu au changement des enjeux, ainsi qu’à l’équilibre entre eux. Une Yin et un Yang, en cherchant ensemble son équilibre, font le dao (esprit de la nature, essentiel de la vie). Les baguettes chinoises sont la représentation de cette dualité. Parmi les deux baguettes, une manipulation harmonieuse entre elle, une immobile (considérée comme le Yin tranquille) et l’autre qui bouge (considérée comme le Yang agité) traduisent parfaitement « ensemble, on va loin ». Cette équilibre se réalise lors du repas.

C’est un livre d’inspiration est à l’origine de toute la philosophie chinoise, comme le confucianisme, le bouddhisme et le taoïsme. Ainsi, le fondateur de taoïsme Lao Tseu expliquait dans son œuvre unique « Livre de la voie et de la vertu » (Livre de la vérité et de la pratique), que « toute théorie exprimée n’est pas dans l’esprit d’évolution ». Cette citation encadre l’esprit du Yijing à la notion d’évolution, et fait réfléchir sur la théorie de baguettes, qui bouge.

Tandis que le confucianisme souligne que « c’est le changement qui fait circuler et réduire les obstacles ». La notion du « juste milieu » est inspirée et emprunte à la notion de position du Yijing (question de temps, de position et d’harmonie), c’est un état d’esprit sublime, afin d’avoir une vision juste. Une autre définition du juste milieu est possible : « la perfection serait un juste milieu entre l’excès et le défaut ».

En effet, les ancêtres nous ont légué une sagesse de la vie, existante entre chaque ligne du Livre de changement (également appelé le Livre des Mutations). Les figures montrent l’évolution entre le Yin et le Yang du Yijing, qui se manifeste par le trigramme au début, hexagramme à la fin. Chaque hexagramme possède 6 lignes.

ying-yang

L’hexagramme Qian, intitulé ciel, est composé de ligne Yang, il se décompose ainsi : hexagramme

La 1ère ligne, située en position de fond de l’hexagramme, déconseille le tout petit dragon d’exposer son talent. Elle avertit les novices de ne pas exagérer, car s’exposer de manière prématuré nuit. Cette valeur exige des jeunes qu’ils se préparent à la vie et ne se mêlent pas au monde compliqué.

Quand on monte à la 2ème, au milieu du trigramme dessous, cela signifie qu’il est temps de sortir et de se faire valoir pour le meilleur. Mais, il est proposé de faire preuve de prudence, en raison du manque d’expérience.

La 3ème ligne se trouve à la frontière de deux trigrammes, l’homme en agitation donne lieu à l’excès de désir et il faut rétablir la confiance et travailler d’arrache-pied. Heureusement, l’esprit du ciel le rend dans un bon esprit de travail, et de prudence, il s’agit là d’assumer sa position. Enfin un proverbe chinois indique que « la voie céleste récompense celui qui travaille » (天道酬勤). Une bonne mentalité de l’homme  est ainsi annoncé.

La 4ème ligne, proche de l’autorité de la 5ème, correspond à la capacité d’adaptation, qui nous permet de subir toutes les épreuves, comme travailler comme haut fonctionnaire. On dit qu’accompagner un empereur, c’est prendre le risque d’accompagner un tigre (伴君如伴虎). Juste du milieu de l’hexagramme, au niveau de la 5ème ligne, l’habit et l’habitude conforment à la couleur de l’ambiance donne de la grâce.

La 6ème ligne annonce que tout conflit nuit. Et être hautain et arrogant éloigne du peuple. C’est une position haute de sortir d’enjeux. A la fin, Il faut avoir un esprit de patience durable et d’insistance déterminée. Attention : l’esprit de groupe, au-delà des ordres, est agréable. C’est une valeur à la disposition des hommes.

hexagramme-terreComparativement, l’hexagramme Kun, terre, le Yin, est souvent faible, on ne regarde pas à la 3 ème ligne sa qualité, la valeur se situe à la 2ème ligne qui met accent sur une qualité de femme portante, inclusive et tolérable.

L’apparition un jour du givre prévoit l’avènement de l’hiver, qui se caractérise par des rivières glacées. Il faut alors comprendre le monde avant de le juger.

La 2ème ligne correspond à l’amour inné de la femme, qui a un caractère inclusif et de pardon, la valorise et favorise. La 3ème ligne est située à un niveau d’agitation face au bloc du dessus, la terre a privilégié une valeur de modération ou de devoir se soustraire à l’attention auprès du gouvernement. Une valeur paisible l’aide.

Au niveau de la 4ème, même un poisson peut éviter les problèmes, s’il garde la bouche fermée. La langue tue, trop parler nuit. Juste du milieu de l’hexagramme, l’habit et l’habitude conforment à la couleur de l’ambiance donne de la grâce. C’est une description à la 5ème ligne. Enfin la sixième décline toute conflit. Ici, il est exigé de partager la valeur commune et de porter les qualités de la terre : portante, inclusive et pardonnée. Il faut avoir un esprit de patience durable et d’insistance déterminée. Ainsi est évoquée la valeur de la femme.

Ainsi de suite …

Nos ancêtres, à travers tous les 64 hexagrammes du livre Yijing, éclairent la voie de la vie, ainsi le tao s’exprime en « voie ».  Le Yijing offre un outil d’analyse plus qu’une superstition. On utilise et prédit avec le Yijing pour tracer son chemin dans la vie.

Ecrit par LIU Yunsheng, directeur de l’Institut Confucius d’Abidjan