Le gouvernement a décidé de mettre fin à leur monopole sur le sel, rompant une loi en vigueur depuis le 7ème siècle avant Jésus-Christ.

En avril dernier, le Conseil d’État a promulgué le « Projet des réformes structurelles de l’industrie du sel dans le pays », visant à promouvoir la réforme du secteur, à améliorer le système du monopole existant dans l’industrie et à autoriser les producteurs de sel à sortir sur le marché.

Les multiples dynasties et gouvernement qui se sont succédé ont tous gardé un étroit contrôle sur le commerce du sel pendant 2133 ans. Jean-François Dufour, président du cabinet de conseil Chine-Analyse, a expliqué à France 24 que cette annonce est un symbole car « une page de l’histoire de la Chine (se) tourne, mais économiquement c’est plus anecdotique ».

En effet, Beijing ne voit plus l’intérêt de conserver un monopole sur ce secteur, même si il reste important pour les dirigeants. D’ailleurs, en 2013, Taobao avait lancé une vaste campagne pour supprimer la contrebande de sel sur son site. Une police a d’ailleurs été créé pour contrer le marché noir.

La China Salt est la société détentrice de ce monopole, employant plus de 200 000 personnes fin 2013, pour une production nationale estimée de 60 millions de tonnes. « Cela n’a pas dû être facile de lui faire accepter ce changement, ce qui peut expliquer pourquoi la décision a mis autant de temps à tomber », a indiqué Jean-François Dufour.

Dès le 1er janvier 2017, les producteurs chinois de sel seront libres de fixer leurs volumes et de vendre directement. « Pour mettre en œuvre le projet publié par le Conseil d’État chinois, le Comité d’État chinois pour le Développement et la Réforme annonce sa décision de rendre libre la fixation du prix de départ usine, du prix de gros, ainsi que du prix public », rapporte le communiqué du Comité.

Ce dernier a précisé que le pays comptait à l’heure actuelle environ 300 entreprises engagées dans la production de sel, ainsi que plus de 4 000 distributeurs de sel.