Singapour a fermé ses frontières à tous les nouveaux visiteurs de Chine continentale, y compris aux étrangers qui y ont séjourné au cours des 14 derniers jours, devenant ainsi le premier pays d’Asie du Sud-Est à prendre cette décision.

Les autorités singapouriennes souhaitent ainsi enrayer la propagation du nouveau coronavirus 2019-nCoV.

La Chine est l’un des principaux partenaires commerciaux de Singapour et est une destination prisée pour les touristes chinois. Les chiffres de l’Office du tourisme de Singapour indique que 248 000 voyageurs du continent sont entrés à Singapour en novembre 2019, tandis que 3,42 millions de touristes de Chine continentale l’ont visité en 2018.

La suspension du visa entrera immédiatement en vigueur, afin que les voyageurs puissent être informés à l’avance, tandis que la restriction de a début le 1er février à minuit. Le gouvernement n’a pas précisé quand ces restrictions seraient levées.

Sur six nouveaux cas confirmés à Singapour, «quatre constituent un foyer de contamination locale, mais il n’y a pas encore de mise en évidence d’une large source de contamination locale à Singapour», a indiqué le ministère de la Santé dans un communiqué. De porter le nombre total des personnes ayant contracté la pneumonie virale à 24 dans ce pays d’Asie du Sud-Est.

Le coronavirus a infecté plus de 20.438 personnes dans le monde, tuant plus de 425 personnes. L’Organisation mondiale de la santé a déclaré que l’épidémie était une urgence de santé publique internationale.

Cette décision a entraîné de l’annonce des autorités de Singapour d’arrêter l’entrée de nouveaux voyageurs qui s’étaient rendus dans la province du Hubei, l’épicentre de l’épidémie.

C’est la première fois que Singapour impose des restrictions de voyage en raison de problèmes de santé publique. Il n’y a pas eu de telles restrictions pendant la crise du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) de 2003.

Les résidents et les citoyens de Singapour qui sont allés en Chine pourront entrer dans la cité-état, mais seront soumis à un congé de 14 jours au cours duquel ils sont encouragés à rester chez eux.

La décision de fermer ses frontières aux visiteurs chinois vient des estimations des autorités locales qui estiment que davantage de personnes venant dans d’autres parties de Chine sont et seront affectées par le virus.

Le ministre du Développement national, Lawrence Wong, qui copréside un groupe de travail multi-ministériel pour lutter contre le virus, a déclaré que l’interdiction de voyager n’avait rien à voir avec la nationalité mais visait à limiter les nouveaux cas importés de virus et à réduire le risque de propagation à Singapour.

« Compte tenu du rôle de Singapour en tant que plaque tournante des transports, compte tenu du volume des voyages entre la Chine et Singapour, il est si difficile d’exclure le potentiel de nouveaux cas importés provenant de l’extérieur de la province du Hubei », a-t-il déclaré.

Lawrence Wong a déclaré que l’épidémie avait déjà eu un impact sur l’économie et que le gouvernement annoncerait un paquet fiscal pour aider les entreprises et les citoyens pendant la crise.

Pour le Premier ministre Lee Hsien Loong, «cela va nous faire du mal. La Chine est une très grande source de touristes pour Singapour. [Avec l’épidémie], cela a déjà considérablement diminué».

« Je m’attends à ce que le reste de l’économie soit également touché, car avec la Chine en mode semi-verrouillé maintenant, son économie est appelée à ralentir et notre économie est très étroitement engagée avec la leur, ils sont notre principal partenaire commercial », a assuré ce dernier.

D’ailleurs, le nombre de touristes chinois en provenance de Singapour a déjà chuté de 80% depuis l’épidémie, la Chine ayant interdit les voyages en groupe à l’étranger, selon le ministre national du Développement, Laurence Wong.