Les autorités de Hong Kong ont arrêté le 29 décembre six personnes liées au média pro-démocratie en ligne Stand News pour « publication séditieuse ». Le Comité pour la protection des journalistes a dénoncé « une attaque ouverte contre la liberté de la presse déjà en lambeaux à Hong Kong ».

Cette arrestation survient alors que la communauté internationale s’inquiète de la politique de la Chine continentale menée à Hong Kong depuis les manifestations pro-démocratie de 2019.

La police a annoncé avoir arrêté six personnes pour « conspiration » en vue de diffuser une « publication séditieuse ». Plusieurs centaines de policiers ont mené des perquisitions au siège de Stand News dans le district de Kwun Tong et aux domiciles de plusieurs employés du média.

La police a précisé avoir été autorisée par un tribunal à « chercher et saisir du matériel journalistique d’intérêt ».

Un journaliste de l’Agence France Presse a déclaré avoir vu le rédacteur en chef de la publication, Patrick Lam, être conduit menotté à l’intérieur des bureaux de Stand News.

Selon les médias locaux, la police a également arrêté l’ancien rédacteur en chef Chung Pui-kuen, ainsi que quatre anciens membres du conseil d’administration qui avaient démissionné en juin 2021, un après la mise en vigueur de la loi sur la sécurité nationale, instaurée par Pékin.

Outre les deux rédacteurs en chef, la star de la pop cantonaise Denise Ho, l’avocate et ancienne membre du Conseil législatif de Hong Kong Margaret Ng, et les autres anciens membres Christine Fang et Chow Tat-chi, ont été arrêté.

Au petit matin le 29 décembre, le journal Stand News a annoncé dans une vidéo en direct sur Facebook que la police était devant la porte de son rédacteur en chef adjoint, Ronson Chan.

Dans la courte vidéo, les officiers de police expliquent à Ronson Chan être en possession d’un mandat et que ce dernier devait cesser de filmer.

Ronson Chan, qui est également président de l’Association des journalistes de Hong Kong, a dit que son domicile avait été fouillé par la police qui avait saisi chez lui du matériel informatique. Mais il n’a pas été arrêté.

« Stand News a toujours pratiqué le journalisme de façon professionnelle », a-t-il déclaré. « Les accusations criminelles ne changent rien à cela ».

Selon l’Agence France Presse, quatre autres membres du personnel de Stand News ont vu leurs domiciles perquisitionnés.

Stand News, fondé en 2014, avait été nominé en novembre 2020 pour le Prix de la liberté de la presse de Reporters sans frontières. Durant les manifestations antigouvernementales de 2019, plusieurs journalistes du quotidien ont dû faire face à la police.

Stand News était la cible ces derniers mois de vives critiques des autorités. Le responsable de la sécurité de Hong Kong, Chris Tang, l’avait récemment accusé de publier des informations « biaisées, diffamatoires et diabolisées » sur les prisons de la ville.

Plusieurs opposants hongkongais ont fui à l’étranger et ont condamné les arrestations du 29 décembre 2021. « Le Parti communiste chinois continue à poursuivre les journalistes et les médias qui osent le contredire et dire la vérité. Les arrestations de Denise Ho et de Maraget Ng en sont de parfaits exemples », a tweeté l’opposant Nathan Law, en exil au Royaume-Uni.

« Stand News représente un des derniers vestiges du journalisme indépendant à Hong Kong et nous ne sommes pas sûrs qu’il puisse survivre à cette répression », a indiqué Brian Leung, représentant du mouvement basé aux Etats-Unis Hong Kong Democracy Council.

L’Association des journalistes de Hong Kong et le Foreign Correspondent Club, qui représentent respectivement les journalistes locaux et étrangers, se sont déclarés « profondément préoccupés ».