Le média en ligne Stand News a annoncé le 29 décembre 2021 sa fermeture après avoir été visé par des perquisitions et sept arrestations pour « publication séditieuse ».

Le chef de la police de sécurité nationale de Hong Kong, Steve Li, a déclaré que Stand News est accusé d’avoir publié des articles et billets de blog « séditieux » entre juillet 2020 et novembre 2021.

« Ils ont décrit des manifestants à Hong Kong comme ‘portés disparus’ ou ‘violés’… Ce sont des allégations malfaisantes sans aucune base factuelle », a déclaré ce dernier.

Il a nié que la police s’attaque aux médias, assurant que les publications écrivant des articles impartiaux n’auraient pas de problèmes. Pourtant le média en ligne hongkongais défenseur de la démocratie, Stand News, est le second média a être visé par la police et la loi sur la sécurité nationale, instaurée par la Chine continentale en juillet 2020.

En juin 2021, le journal défendant la démocratie Apple Daily avait fermé après le gel de ses actifs et l’arrestation de ses principaux dirigeants, en vertu d’une nouvelle loi drastique sur la sécurité nationale imposée par Pékin en juillet 2020.

Le 29 décembre à la mi-journée, la police a été vue sortant des cartons de Stand News. Selon Steve Li, des ordinateurs, téléphones, documents et 500.000 dollars de Hong Kong (56.856 euros) en espèces ont été saisis. En outre, 61 millions de HKD d’avoirs appartenant à Stand News ont été gelés, a-t-il ajouté.

Plus de 200 agents ont perquisitionné le siège de Stand News et les domiciles de plusieurs de ses employés, et anciens membres du conseil d’administration.

Selon les médias locaux, la police a arrêté Patrick lam, l’ex-rédacteur en chef Chung Pui-kuen et quatre ex-membres du conseil d’administration ayant démissionné en juin, dont la star de la pop cantonaise Denise Ho, l’avocate et ancienne membre du Conseil législatif de Hong Kong Margaret Ng ainsi que l’ex-journaliste de l’Apple Daily, Chan Pui-man, épouse de M. Chung.

Steve Li a indiqué qu’il était possible que d’autres arrestations aient lieu, car certaines personnes recherchées ne se trouvaient pas sur le territoire hongkongais.

Le rédacteur en chef adjoint de Stand News, Ronson Chan, également président de l’Association des journalistes de Hong Kong, a raconté que son domicile avait été fouillé et que du matériel informatique avait été saisi. Mais il n’a pas été arrêté.

« A cause de la situation actuelle, Stand News va cesser son activité immédiatement et arrêtera d’actualiser son site (internet) et tous ses réseaux sociaux », a annoncé la publication.

Stand News a également indiqué que tout son personnel avait été licencié, que son rédacteur en chef Patrick Lam avait démissionné et que le site internet serait mis hors-ligne prochainement.

« Stand News était indépendant au plan éditorial et se consacrait à protéger les valeurs fondamentales de Hong Kong comme la démocratie, les droits humains, la liberté, l’Etat de droit et la justice », a poursuivi le média, créé en 2014 et nominé en novembre pour le Prix de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF).

Mais John Lee, l’adjoint de la cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam, a affirmé que les personnes arrêtées étaient des « éléments malfaisants (…) abusant de leurs fonctions (…) d’employés de médias ».

Pendant les manifestations de 2019, plusieurs journalistes de Stand News ont eu affaire avec la police. Notamment lorsqu’une de ses reporters avait filmé en direct l’attaque ultraviolente réalisée par un groupe d’individus masqués contre des manifestants pro-démocratie dans une station de métro. La reporter a continué de filmer alors que les assaillants s’en prenaient à elle.